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jeudi 17 novembre 2016

Apprendre à ne pas en faire de trop.

10 mars 2015



Alors que le Parlement commence à examiner la proposition de loi CLAEYS-LEONETTI sur la fin de vie, qui devrait autoriser le recours à la sédation terminale, il convient de rappeler et développer ce qui existe déjà en la matière. Sans parler du terme proprement dit de la vie, songeons aux semaines ou mois qui précèdent la mort.

Tout d’abord il faut absolument développer les soins palliatifs, pas spécialement en créant des lits supplémentaires, mais en démultipliant les soins palliatifs à domicile. Ceci suppose un accompagnement des proches du malade, mais aussi une formation nettement plus poussée des personnels soignants. Ce besoin de formation supplémentaire existe d’ailleurs également des les établissements de soins, maisons de retraite et autres EHPAD.

Ensuite, il faut que les médecins apprennent, dans leur cursus de formation, à ne pas en faire de trop. Il est dans leur rôle de se battre pour guérir leurs patients, mais dans certains cas ils devraient davantage avoir dans leur visée le bien-être de leurs malades que leur (relative) bonne santé. Ils doivent se demander parfois s’il ne vaut pas mieux éviter un traitement lourd supplémentaire, une opération chirurgicale de plus, qui pourrait permettre un allongement de la vie (conditionnel et non dépourvu de risques), mais plutôt laisser le malade aller vers une fin prévue assez proche dans un état de souffrance supportable.

Dans le même ordre d’idée, le personnel soignant ne devrait-il pas parfois changer d’ennemi ? L’intérêt du patient ne mériterait-il pas que les médecins capitulent face à la maladie mais utilisent toute leur énergie à combattre la douleur ? Car à quoi sert de continuer à vivre quelques jours ou quelques jours de plus, quelques mois même, si c’est pour survivre totalement diminué et dans d’insupportables souffrances ? Car dans ces cas à la douleur des malades s’ajoute celle de leurs proches.

On parle d’espérance de vie, mais l’espérance, c’est un sentiment de confiance en l’avenir, alors lorsqu’il n’y a plus d’avenir que dans la douleur et la souffrance, où est l’espérance ?
L’allongement de la durée de la vie, l’alimentation, les médicaments font que de plus en plus de personnes restent en vie, même très diminuées. Chacun connaît parmi ses proches un quadragénaire, un quinquagénaire ou même un sexagénaire qui a l’un de ses parents encore en vie, mais qui souffre énormément, qui ne le reconnait plus, qui parfois n’a plus goût à la vie. Et c’est là un fardeau bien lourd à porter qui, de plus, altère même parfois sa propre santé.

Pour toutes ces raisons, il faut absolument développer vite et fort les soins palliatifs et apprendre à parfois ne pas en faire de trop..