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dimanche 19 novembre 2017

Y a-t-il une déviance du journalisme ?



Un drame horrible s’est produit samedi à Sarcelles : un policier de 31 ans s’est suicidé après avoir tué trois personnes dont deux qui tentaient de s’interposer alors qu’il brutalisait sa compagne, et blessé plusieurs autres de sa famille.
C’est un fait divers tragique qui peut bien sûr être mentionné dans les journaux télévisés, y compris en précisant que son auteur est un policier, ceci dans le but de rappeler qu’un policier est un homme comme un autre, qu’en plus souvent leurs conditions de travail ont une répercussion plutôt négative sur leur vie de famille, ce qui peut créer ou exacerber des tensions dans le couple, pouvant aller jusqu’à la séparation…

Là où je me demande s’il n’y a pas une certaine déviance du journalisme, c’est quand la présentatrice (en l’occurrence) insiste lourdement sur le fait que le policier s’est servi de son arme de service, et va jusqu’à se demander s’il ne faut pas revenir sur l’autorisation accordée aux policiers de conserver leur arme sur eux, y compris en dehors des heures de service.
Il est possible que le fait qu’il soit policier soit en partie au moins une des causes de cette tuerie, du fait de l’influence négative des conditions de travail sur le couple.
Mais il n’y a aucun lien de cause à effet avec son arme de service.
S’il ne l’avait eue, il se serait procuré différemment une arme pour accomplir ce geste fatal dicté par son coup de folie.
Comme l’a si justement laissé entendre le ministre de l’Intérieur Gérard COLLOMB, ce n’est pas l’arme qui est en cause, plutôt le management de la police qui n’est peut-être pas à même de détecter les de tels gestes de désespoir.. Mais en a-t-il les moyens ?

samedi 29 juillet 2017

Momo des halles, de Philippe Hayat.



A priori pas forcément un livre de vacances, et pourtant…

Philippe HAYAT n’est pas d’abord écrivain, mais entrepreneur, et ce goût de l’entreprise transparait dans ce livre que l’on ne peut trop lâcher une fois qu’on en a commencé la lecture.
Momo est un jeune ado dont le père d’ascendance juive a été arrêté et la mère, d’origine étrangère, a disparu. Il est caché avec sa petite sœur d’une dizaine d’années. Ce livre relate leur vie cachée, leurs rencontres, mais aussi les aventures qui vont arriver à Momo, tout cela dans le cadre très particulier de l’occupation allemande à paris, où l’ennemi n’est pas toujours que celui que l’on croit…

Humour, amour, suspens, tensions, passions, alternent au long des pages de cette tranche de vie qui va d’août 1941 à décembre 1944, où l’on apprend des choses que l’on ne soupçonnait pas forcément sur cette période et le sort des juifs en France.






vendredi 23 juin 2017

Emplois fictifs et emplois détournés.



S’il s’avère que l’épouse et les enfants de François FILLON n’ont pas réellement produit un travail pour leur employeur parlementaire, il s’agit d’un emploi fictif.
S’il s’avère que des attachés parlementaires de députés au Parlement européen de l’UDF, du Modem ou du Front national ont travaillé pour leur parti plutôt que pour leur député, il s’agit d’emploi détourné.

La différence est importante, car dans le premier cas il y a eu rémunération déguisée du parlementaire et enrichissement personnel et non dans le second cas.
Second cas qui fut (et qui reste certainement) très répandu. Parfois de façon ostensible, parfois moins. En effet, nombre de parlementaires exercent en sus des responsabilités au sein de leur parti, et leurs attachés leur préparent des discours, notamment, tant pour le Parlement que pour le syndicat.

De nombreuses associations, même non politiques, profitent par ailleurs de situations analogues, comme les syndicats ou organisations professionnelles, dont les membres utilisent les services de leurs collaborateurs et autres secrétaires pour effectuer des tâches inhérentes à leur engagement associatif.

Il faut faire cette distinction, même si elle n’excuse pas ce travers.

Si tus ces faits sont avérés, François BAYROU et consorts sont dans l’illégalité ou l’immoralité, mais ils ne doivent pas être jugés à la même aune que François FILLON ;

Est-ce qu’il était nécessaire que Richard FERRAND, François BAYROU, Marielle de SARNEZ, Sylvie GOULARD quittent le gouvernement ?
Oui, mais pas parce qu’ils ont fauté, ce qui reste à prouver, mais parce que leur défense, et le charivari qu’occasionne leur situation auraient pu, sinon nuire, au moins gêner l’action gouvernementale.
Peuvent-ils pour autant, pour deux d’entre eux, briguer des postes de président de groupe parlementaire ? Oui, car à ce poste leur situation, jusqu’à une éventuelle mise en examen, est moins handicapante pour l’institution, et ils peuvent y être remplacés sans psychodrame.

Ne faudrait-il pas, pour siffler la fin de la récréation, voter une loi d’amnistie pour ces salaires détournés (et non pour les vrais fictifs), si l’on ne veut pas que de telles révélations empoisonnent la vie politique de notre pays dans les mois à venir, d’autant plus que, j’en suis persuadé, cette pratique a eu cours dans l’ensemble de l’échiquier politique.