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lundi 28 septembre 2020

Comment laisser mourir nos anciens ?

 


Pendant le confinement, l’humoriste Elie SEMOUN partageait sur les réseaux sociaux quelques photos de visites à son père Paul, âgé de 88 ans, souffrant de la maladie d’Alzheimer et pensionnaire d’un EHPAD lyonnais. Il avait par ailleurs appelé à des dons pour permettre à cet établissement d’acquérir du matériel.

Le 12 septembre, Paul SEMOUN est décédé.

Elie SEMOUN laisse entendre sa colère maintenant, affirmant que c’est le confinement qui a tué son père, que l’interdiction et la limitation des visites ont accéléré son déclin.


La question mérite d’être posée, car en temps normal déjà nos anciens souffrent de la solitude, qu’ils soient à leur domicile ou en institution. Pour les préserver, les contacts ont été restreints, au détriment de leur moral. La baisse de moral a eu, par la suite, des conséquences néfastes sur le physique. Il est donc patent que les mesures imposées ont nui à la santé de beaucoup de nos anciens.


Pour autant, il faut aussi se demander ce qui se serait passé si ces mesures n’avaient pas été prises. Beaucoup de personnes âgées ont été emportées par la Covid. Sans ces mesures, la cohorte des décès aurait été bien plus importante encore. Certes, les défunts n’auraient pas été les mêmes…

Il est certain que le confinement a porté un coup d’arrêt à la propagation du virus. Le déconfinement n’a pas occasionné une réelle reprise de l’épidémie qui, maintenant, repart car les gestes barrières ne sont plus assez respectés.


Pour que nos anciens ne meurent ni de la Covid, ni des conséquences d’un isolement forcé, il faut que chacun respecte les mesures de précaution demandées.

dimanche 3 janvier 2010

Les larmes de l’inutilité.

Ils ont 78 et 77 ans, sont mariés depuis près de 55 ans, ont élevé leurs enfants comme ils ont pu, ont travaillé dur, se sont occupés de leurs parents quand il a fallu les prendre en charge, et se trouvent parfois bien seuls maintenant.
Mais ils n’en tiennent rigueur à personne, comprenant très bien que leurs enfants ont leur propre travail et leurs propres soucis, que leurs petits-enfants, bien qu’ils les aiment bien, préfèrent consacrer plus de temps à leurs occupations et leurs amis qu’à leurs grands-parents, totalement déconnectés de leur monde d’ados.
Ils se soutiennent l’un l’autre, mais que les journées sont longues en hiver, quand le soleil se fait rare ! Et il ne sert à rien de se coucher plus tôt, car le sommeil ne vient pas facilement, et il est si fragile…..

Alors quand l’un des deux, soudainement, doit être hospitalisé, c’est le drame.
Le personnel hospitalier est gentil, bien sûr, mais les infirmières n’ont plus guère le temps de discuter, les explications des médecins sont complexes, et tous ces examens, sont-ils vraiment nécessaires ?

Celui qui reste seul à la maison culpabilise, parce qu’il n’a pas su aider son conjoint. Et la seule compagnie du silence ne lui suffit pas. L’absence de l’autre est souffrance. Les yeux, souvent humides, débordent facilement. Ce sentiment d’inutilité peut conduire à la dépression. Se sentir un poids pour les autres, avec un corps fatigué, ne pouvant même plus assumer son rôle de chef de famille ou de maîtresse de maison, sont des causes de dépression trop souvent ignorées.

Malheureusement, les exigences de rentabilité ne permettent plus au facteur de passer un peu de temps avec les plus âgés, le marchand ambulant a arrêté ses tournées, et les enfants restent moins longtemps le dimanche, car ils vont faire les courses, maintenant, le dimanche……

Quand on regarde des reportages sur des peuplades « arriérées » ou à tout le moins à l’écart du progrès, et qu’on voit comment ils traitent leurs aînés, on se prend à avoir honte de notre civilisation.