Le 1er juin 2009 le vol AF 447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’est abîmé en mer, plongeant de nombreuses familles dans une détresse et un deuil impossibles.
Une cinquantaine de corps ont été repêchés.
Certaines familles ont récupéré les dépouilles mortelles de leurs défunts, d’autres non ; des discussions et polémiques quant aux causes de la catastrophe ont, comme toujours, eu lieu, et les parents des défunts, vaille que vaille, ont continué à vivre avec des hauts et des bas, au gré des annonces qui ravivaient ou au contraire étouffaient des lueurs d’espoir.
Aujourd’hui, près de deux ans après, un corps a été remonté à la surface dans le cadre des opérations de repêchage qui ont été entamées il y a quelques jours.
Autant ces opérations sont salutaires pour ce qui est des boîtes noires car il faut, à tout prix, pour la paix des familles mais aussi pour la sûreté aérienne future, connaître les causes de cet accident, autant la remontée des corps pose de multiples et très importantes questions.
Tout d’abord, dans quel état sont ces corps, et le fait de les faire passer d’une eau froide à près de 4 000 mètres de profondeur à une eau plus chaude en surface, puis à l’air libre, ne va-t-il pas les dégrader plus encore ? Si tel est le cas, il faut impérativement arrêter ces opérations et laisser reposer en paix ces défunts au fond de l’océan plutôt que de ramener des corps dans un état indicible.
En second lieu, si ces corps sont remontés et identifiés, qu’en faire si les familles ne souhaitent pas les récupérer, ce qui se produira immanquablement, car certaines, même sans leur défunt, ont fait leur deuil et se sont faites à l’idée que leur parent reposait au fond de la mer. Leur dire maintenant que le corps est repêché, et le leur confier sans leur désir serait causer un nouveau et inutile choc psychologique.
Il ne faut pas oublier, non plus, les conséquences de ces opérations sur le psychisme des personnes qui sont actuellement sur place à faire ce travail extrêmement pénible. Le repêchage des boites noires a été pour elles un succès, celui des corps immergés depuis deux ans risque d’être un cauchemar qui hantera leurs nuits pendant longtemps.
Pour avoir été au Mont Saint Odile suite au crash du vol 148 d’Air Inter en janvier 1992, qui avait fait 87 victimes, je sais le travail qu’ont accompli notamment les militaires qui ont identifié les restes mortels et je connais le désarroi des familles à qui l’on a remis des corps plusieurs semaines après la catastrophe, les travaux d’identification effectués à l’Institut Médico Légal de Strasbourg ayant pris ce temps, vu les moyens techniques disponibles à l’époque.
Depuis ma fenêtre, je regarde ce qui se passe autour de moi, tout près ou très loin, et je réagis à ces faits et gestes ou événements.
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jeudi 5 mai 2011
lundi 17 août 2009
Un peu d’humanité, Madame l’Ambassadrice !
Le 30 juin dernier, des passagers embarquaient en toute confiance dans un vol Air France à destination des Comores.
A l’occasion d’une escale au Yémen, l’Airbus d’Air France a été remplacé par un avion bien moins fiable de la compagnie Yemenia, qui s’est écrasé au large des Comores. 152 personnes sont disparues lors de cette tragédie.
Très peu de corps ont pu être repêchés, et le Tribunal de Grande Instance de Paris, comme c’est la règle dans les cas de ce genre, vient de prononcer un jugement déclaratif de décès pour la plupart des disparus de nationalité française, afin que la vie puisse continuer pour leurs familles.
Le site internet du Figaro écrit « Les familles de ces personnes en ont été informées par téléphone. Elles recevront les actes de décès de leur(s) proche(s) par la poste » selon les paroles de Madame Christine ROBICHON, l’ambassadrice française chargée des relations avec les familles des victimes.
N’aurait-il pas été possible que ces actes de décès soient remis en mains propres, si ce n’est par du personnel du Ministère de la Justice ou des Affaires Etrangères, au moins par des membres d’associations d’aide ou de soutien ?
Ces personne ont quitté leurs proches à leur domicile, sur le quai d’une gare ou dans le hall d’un aéroport. Puis elles ont appris que leur avion avait disparu, qu’elles ne reverraient certainement plus ces parents ou amis, et maintenant on leur envoie un papier froidement…..
Pensons à la maman qui ouvre l’enveloppe renfermant l’acte de décès de son enfant, aux enfants qui vont découvrir l’acte de décès de leurs parents…..
Trop souvent on fait appel à des « cellules de soutien psychologique » alors que parfois on se trouve dans des situations certes difficiles et a priori inhabituelles, mais que tout un chacun devrait pouvoir affronter seul ou avec l’aide de ses proches . Dans le cas présent, on réduit une vie, une mort brutale, à un acte de décès qui constate qu’une personne partie il y a un mois et demi ne reviendra plus jamais. Et dont on ne verra jamais la dépouille, ce qui ne facilitera pas le travail de deuil des proches.
Un peu d’humanité s’il vous plaît, Madame l’Ambassadrice.
A l’occasion d’une escale au Yémen, l’Airbus d’Air France a été remplacé par un avion bien moins fiable de la compagnie Yemenia, qui s’est écrasé au large des Comores. 152 personnes sont disparues lors de cette tragédie.
Très peu de corps ont pu être repêchés, et le Tribunal de Grande Instance de Paris, comme c’est la règle dans les cas de ce genre, vient de prononcer un jugement déclaratif de décès pour la plupart des disparus de nationalité française, afin que la vie puisse continuer pour leurs familles.
Le site internet du Figaro écrit « Les familles de ces personnes en ont été informées par téléphone. Elles recevront les actes de décès de leur(s) proche(s) par la poste » selon les paroles de Madame Christine ROBICHON, l’ambassadrice française chargée des relations avec les familles des victimes.
N’aurait-il pas été possible que ces actes de décès soient remis en mains propres, si ce n’est par du personnel du Ministère de la Justice ou des Affaires Etrangères, au moins par des membres d’associations d’aide ou de soutien ?
Ces personne ont quitté leurs proches à leur domicile, sur le quai d’une gare ou dans le hall d’un aéroport. Puis elles ont appris que leur avion avait disparu, qu’elles ne reverraient certainement plus ces parents ou amis, et maintenant on leur envoie un papier froidement…..
Pensons à la maman qui ouvre l’enveloppe renfermant l’acte de décès de son enfant, aux enfants qui vont découvrir l’acte de décès de leurs parents…..
Trop souvent on fait appel à des « cellules de soutien psychologique » alors que parfois on se trouve dans des situations certes difficiles et a priori inhabituelles, mais que tout un chacun devrait pouvoir affronter seul ou avec l’aide de ses proches . Dans le cas présent, on réduit une vie, une mort brutale, à un acte de décès qui constate qu’une personne partie il y a un mois et demi ne reviendra plus jamais. Et dont on ne verra jamais la dépouille, ce qui ne facilitera pas le travail de deuil des proches.
Un peu d’humanité s’il vous plaît, Madame l’Ambassadrice.
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