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mardi 10 juillet 2012

La drôle de conception de l’information de TF1.

Dimanche, la chaîne TF1 a diffusé des extraits des conversations entre Mohamed MERAH et les policiers du RAID, alors que ces derniers tentaient de l’interpeller suite aux massacres qu’il avait commis.


Cette diffusion a déclenché plusieurs polémiques qui méritent qu’on s’y attarde un peu.

Tout d’abord, du point de vue des pouvoirs publics, il y a eu violation du secret de l’instruction et « quelqu’un » a eu accès à ces enregistrements sous scellés et les a « cédé » à TF1, ce qui est répréhensible et doit être mis à jour et sanctionné.

La chaîne de télévision argue de son devoir d’informer pour répondre aux diverses critiques.

Je ne trouve pas dans cette diffusion l’intérêt informatif. Extraire quelques minutes d’enregistrement de quatre heures de négociations ne donne pas une image « sincère et véritable » de ces dernières. Par ailleurs, les déclarations de Mohamed MERAH, notamment lorsqu’il dit être au service d’Al Quaida, n’ont pas été vérifiées et il a pu raconter toutes sortes de mensonges et affabulations qui n’ont pas été vérifiées avant la diffusion.

Par ailleurs, sur un plan simplement humain, ont-ils imaginés, à TF1, la réaction que pourraient avoir ces enregistrements sur les familles des victimes ? Si la réponse est négative, c’est de la négligence, si elle est positive, c’est de la cruauté et de l’exploitation de la douleur d’autrui pour se faire de l’argent !

Non, vraiment, TF1 n’aurait pas dû diffuser ces informations, et il serait bon que tous nos médias prennent conscience du caractère affligeant et néfastes de telles diffusions qui n’entrent pas du tout dans le cadre du devoir d’information.

Faire un résumé des déclarations de Mohamed MERAH, en l’entourant de toutes les précautions dites d’usage, en mettant les réserves nécessaires et indispensables aurait été faire son travail de journaliste de la bonne façon.



vendredi 21 août 2009

MEDIAS & POUVOIR


A propos de la presse et des médias en général, ces quelques phrases lues dans l' « Histoire secrète de la Vème République » publiée chez La Découverte, sous la direction de Roger Faligot & Jean Guisnel :

« Au fil des décennies, la main de fer de l'Etat a fait place au gant de velours des « actionnaires » . En 1997, le journaliste Serge Halimi publie un violent pamphlet dénonçant ce nouveau monde de l'information (Les nouveaux chiens de garde, éd. Du Seuil). A ses yeux, les grands groupes du bâtiment ou de l'armement – comme Bouygues, Matra-Hachette et Dassault -, mais aussi Vivendi, LVMH, Bolloré ou Pinault, propriétaires des médias d'aujourd'hui, sont les « héritiers du Comité des Forges », l'organisme de ces grands patrons jadis accusés de dominer la France de la IIIème République.

Dans la Vème République vieillissante, leur mainmise sur l'information est toutefois bien plus subtile que ne le fut naguère celle du « grand capital » et du pouvoir politique. C'est que le mécanisme de leurs pressions est souvent indéchiffrable, tant il s'enchevêtre dans de multiples réseaux d'influence….

…Depuis les années 1980, les médiacrates ne dérangent plus les hommes politiques et les grands patrons :ils les côtoient en permanence, partagent leurs confidences, échangent quotidiennement des services , des plus infimes aux plus considérables…..

…. « Au fil des ans, mille liens de complicité se sont tissés qui ont gommé la nécessaire séparation entre information et pouvoir. Si bien que le système se nourrit de lui-même et crée l'autocensure ». De quand datent ces écrits désabusés ? D'un article de Claude Sales dans Le Point, en octobre 1978. Autant dire une éternité. Depuis, rien n'a changé, bien au contraire, et les complicités entre puissants ont abouti à un système de contrôle bien plus redoutable que le couperet de l'antique censure d'Etat . »

Il n'y a rien à changer, rien à ajouter….