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mercredi 9 janvier 2019

Un mensonge oublié.


Hier soir était diffusé sur France 3 un téléfim policier réalisé par Eric DURET, intitulé « Un mensonge oublié ». Peu de jours avant son mariage, une jeune métisse est découverte noyée. Tout laisse à penser que le décès est accidentel. Son futur époux n'y croit pas, Tel est le début de l'intrigue, et le film se laisse regarder avec plaisir.
Mais son intérêt réside surtout dans le fait qu'il évoque l'affaire dite des « enfants de la Creuse ».
Entre 1963 et 1982, afin de faire face à la fois à la sur-natalité sur l'île de la Réunion et le dépeuplement de certaines zones rurales en métropole, plus de 2 000 enfants, âgés de 5 à 15 ans essentiellement, relevant de l'aide sociale à l'enfance, ont été arrachés à leurs racines, à leur milieu, et amenés en France, sur une idée du député de la Réunion Miche DEBRE,
Certains ont été recueillis par de familles honnêtes alors que d'autres ont vécu en situation de quasi-esclavage.
Ce n'est que en 2014 que l'Etat français a reconnu sa responsabilité dans ce scandale d'Etat. Une résolution de l'Assemblée nationale en date du 18 février 2014 a demandé la création d'une commission d'étude.

L’Assemblée nationale,
Vu l’article 34-1 de la Constitution,
Vu l’article 136 du Règlement de l’Assemblée nationale,
Considérant que l’État se doit d’assurer à chacun, dans le respect de la vie privée des individus, l’accès à la mémoire ;
Considérant que les enfants, tout particulièrement, doivent se voir garantir ce droit pour pouvoir se constituer en tant qu’adultes ;
Considérant que dans le cas du placement des enfants réunionnais en métropole entre 1963 et 1982 ce droit a été insuffisamment protégé ;
1. Demande à ce que la connaissance historique de cette affaire soit approfondie et diffusée ;
2. Considère que l’État a manqué à sa responsabilité morale envers ces pupilles ;
3. Demande à ce que tout soit mis en œuvre pour permettre aux ex-pupilles de reconstituer leur histoire personnelle.
Délibéré en séance publique, à Paris, le 18 février 2014.
Cette commission a notamment écrit :
« Certains fermiers ont eu tendance à demander beaucoup, sans doute trop, à des mineurs venus d’ailleurs, qui sont ainsi victimes d’abus et/ou de mauvais traitements »
« ces jeunes sont mal armés pour faire face aux souffrances causées par leur immersion dans la société de la France hexagonale ».
« Le directeur du service de la population et le préfet de La Réunion peuvent être satisfaits de la réponse jacobine dont ils ont accouché sur le papier pour parer au plus pressé, mais ce qu’ils ont imaginé ne tient aucun compte du fait qu’il s’agit de Réunionnais, avec leur identité propre, qui portent le poids d’une histoire et d’une culture particulières et qui souffrent du mal-être du déracinement »
« Il semble aujourd’hui évident de dénoncer comme une hérésie l’implantation d’enfants de La Réunion à plus de 9 000 kilomètres de chez eux, dans des campagnes de l’Hexagone frappées par l’exode rural, ajoutent-ils. A l’époque, le contexte fait que la très grande majorité des esprits n’est choquée ni à La Réunion ni dans l’Hexagone. La dénonciation de la transplantation n’a finalement pris corps qu’avec la prise en compte des apports de la pédopsychiatrie. »

Jean Jacques MARTIAL, lui-même arraché à la Réunion et implanté en France a dit, quant à lui :
« Nous avons tous été des cobayes. Si certains ont pu s’intégrer, beaucoup ont fini dans des centres psychiatriques, quelques-uns se sont suicidés. Tous ont été atteints par cet enlèvement » ,

Pour tous ces enfants et leurs familles, pour toutes les souffrances endurées, n'oublions pas ce mensonge !


mercredi 1 février 2017

Légal n’est pas toujours moral ou éthique.



François FILLON est dans la tourmente pour avoir employé son épouse et deux de ses enfants en qualité d’assistants parlementaires, ce qui est légal, mais la réalité du travail accompli n’est pas établie.
Si donc ces emplois se révèlent avoir été fictifs, le candidat désigné pour représenter le parti Les Républicains à la prochaine élection présidentielle ne pourra que renoncer.

En l’état actuel, alors que rien ne prouve que François FILLON a commis la moindre infraction, il a de toutes façons déjà perdu cette élection.
En effet, les électeurs ont du mal à admettre qu’il puisse ainsi employer et payer sur des deniers publics son épouse et ses enfants, dans la mesure où, si les chiffres avancés par le Canard Enchaîné sont exacts, tant son épouse que ses deux enfants ont été notoirement surpayés. Les salaires annoncés, consentis pour des emplois à temps partiel, ou au vu de compétences a priori surestimés, ne sont pas tolérables par la majorité des Français.

Qui plus est, François FILLON semble sincère, il croit certainement ne pas avoir commis de faute. Et c’est peut-être ce qui est le plus grave, car cela prouve, dans ce cas, sa totale déconnexion du monde réel et de la vraie vie des gens… Comme quoi il est nuisible que des individus, toute leur vie, ne fassent que de la politique.
De plus, sa défense est brouillonne et changeante, et accuser la gauche d’avoir monté toute cette affaire est mesquin de sa part.

Il appartiendra aussi aux successeurs de François HOLLANDE et Bernard CAZENEUVE de clarifier la situation, de faire de telle sorte que ce genre d’abus ne soit plus possible.

dimanche 10 février 2013

Findus : une faute de goût ?

Le fait de mettre de la viande de cheval dans des préparations culinaires à la place de viande bovine n’est, dans un certain sens, qu’une faute de goût.


Mais, dans l’espèce, il n’était fait mention nulle part de viande de cheval sur les emballages. Il y a donc tromperie.
Le responsable en est la société Findus.

Elle a beau rejeter la responsabilité de la faute sur son sous-traitant, lequel la rejette sur son fournisseur qui, lui, dit qu’il n’a fait qu’acheter et revendre la marchandise, sans la transformer (sans même la voir je suppose) et accuse le producteur roumain de l’avoir trompé. Les Roumains, eux, ne contestent pas avoir livré de la viande de cheval, mais prétendent que leur acheteur était au courant….

La société Findus étant maître d’œuvre, elle est responsable de toute la chaîne, y compris de ses sous-traitants. A charge pour elle, ensuite, de se retourner contre eux si elle a été lésée. Mais au départ, il y a manifestement défaut de contrôle de sa part, surtout s’il s’avère que cette fraude durait depuis un certain temps déjà.

Quoi qu’il en soit, cette affaire met à nu les travers de notre société où tout est fait dans le seul but de gagner plus d’argent de façon immédiate, sans prendre en compte les impératifs sanitaires, environnementaux, ni même les surcoûts et charges à venir.

La sous-traitance est une excellente chose quand elle est utilisée à bon escient, notamment pour pallier un surcroît d’activité ou pour réaliser des tâches qui ne sont pas du cœur de métier ou de la spécialisation du donneur d’ordre. Lorsqu’elle est utilisée en dehors de ces cas, et de façon systématique, elle est presque immanquablement génératrice de baisse de qualité, voire même de sécurité dans certains domaines comme la sûreté d’installations sensibles par exemple.

Ces cascades de sous-traitance, où, il faut le garder à l’esprit, chaque intermédiaire prélève sa marge, (somme forcément déduite de la qualité de la marchandise ou de la prestation sous-traitée) sont génératrices de pertes de responsabilité et de qualité.

Quant à l’impact sur l’environnement et la sécurité de ces norias de camions qui transportent le bétail puis le produit fini sur les routes de nos pays, n’en parlons même pas !

Quand on a déduit du prix de vente d’un paquet de lasagnes surgelées Findus la TVA, la marge de Findus, les marges des divers intermédiaires, les frais de transport, le coût de l’emballage, quelle somme reste-t-il pour l’achat des pâtes et de la viande ? Pas même un seul €uro, certainement….

Pourtant, en France, nous avons des fabricants de pâtes alimentaires, des bœufs, des abattoirs, et des personnes qui cherchent du travail.

Aux entreprises qui comprendront cette problématique et la prendront à bras-le-corps je réserverai mes achats de plats cuisinés.