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mercredi 12 octobre 2011

Non,la primaire n’est pas encore jouée ...

Pas même 10 % des voix ne séparent les deux challengers, François HOLLANDE et Martine AUBRY et, même si Ségolène ROYAL vient de manifester son soutien à son ancien compagnon en appelant à voter pour lui, et même si Arnaud MONTEBOURG semble laisser la liberté de choix à ses électeurs, le sort de cette première élection primaire est loin d’être joué.


Tout d’abord, sur un plan idéologique, peu de choses séparent réellement les deux protagonistes.

Ensuite, les « battus » ont beau dire qu’ils appellent à voter pour untel ou unetelle, les voix qu’ils ont recueillies au premier tour leur étaient personnellement destinées, et il est certain que leurs appels ne seront pas suivis par tous leurs électeurs. Certainement même certains n’iront pas voter.

Il ne faut donc pas que Martine AUBRY et François HOLLANDE changent leur discours dans le but de plaire à l’un ou l’autre de leurs adversaires du premier tour. Au contraire, et afin de montrer leur constance, leur fiabilité, ils ont intérêt à appuyer leurs positions.

François HOLLANDE a des atouts : c’est un homme, et cela compte encore en France, il ne fait pas peur et a été quasi adoubé par Jacques CHIRAC, ce qui plaît aux personnes âgées de nos campagnes.

Martine AUBRY a des handicaps : c’est une femme, et cela compte encore en France, elle n’a pas toujours donné l’impression d’être vraiment motivée, elle paraît parfois dogmatique et traîne toujours derrière elle le boulet des 35 heures, réforme qui, si personne ne souhaite vraiment la remettre en cause aujourd’hui, a tout de même fichu un sacré boxon dans nombre d’entreprises…..

François HOLLANDE a des handicaps aussi : il n’a jamais exercé le pouvoir au niveau national et, quoi qu’on en dise, son consensualisme peut paraître exagéré et peut refroidir ceux, nombreux, qui veulent un réel changement.

Martine AUBRY a des atouts : l’expérience du pouvoir, elle est une femme, mais sans être féminine à l’excès, et ce serait peut-être le moment de confier les rênes du pouvoir à une femme, ce qui en soit serait une révolution en France.

Par contre, si tel était le cas, les amateurs d’élégance vont redouter la première rencontre franco allemande au sommet qui mettrait, sur une même photo, Angela MERKEL et Martine AUBRY !

Si Martine AUBRY en a vraiment envie maintenant, et qu’elle le montre, elle est en mesure de remporter cette élection primaire et, ensuite, de battre à nouveau Nicolas SARKOZY qui a été battu une première fois, dimanche, par le succès de cette élection primaire, même s’il n’ose se l’avouer et le reconnaître.

dimanche 24 juillet 2011

Candidat naturel ?

Depuis quelque temps, des voix se font entendre dans la majorité présidentielle, pour dire que Nicolas SARKOZY, président de la République en exercice est le « candidat naturel » de l’UMP, voire de la droite tout entière, pour l’élection présidentielle de 2012.

Qu’est-ce que cette notion de « candidat naturel », et pourquoi l’appliquer à Nicolas SARKOZY plutôt qu’à un autre ?
Dans cette locution, « naturel » pourrait être explicité par « conforme à l’ordre normal des choses, au bon sens, à la raison, logique », et les personnes qui prônent une nouvelle candidature de Nicolas SARKOZY sur cette base sont effectivement des fidèles du président.

Mais à regarder de plus près, cet argument sert surtout à diaboliser les velléités de candidatures issues des diverses composantes de l’UMP ou de ses satellites.
En fait les seuls candidats qu’on pourrait qualifier de « naturels » sont les chefs de partis présentés par leur parti ; ainsi, Marine LE PEN est la candidate naturelle du Front National et Martine AUBRY serait la « candidate naturelle » du PS si celui-ci n’avait pas décidé de faire le choix d’une candidature ouverte et multiple aboutissant à un choix définitif du candidat via des primaires.

Par ailleurs, au regard du bilan du septennat qui s’achève, qui transparaît dans les diverses études d’opinion qui fleurissent, on serait plutôt enclin à dire que Nicolas SARKOZY n’est vraiment pas le candidat naturel de la droite, puisqu’il s’apprête à la faire perdre. Il n’est certes pas sûr qu’un autre candidat puisse la faire gagner, mais les chances de Nicolas SARKOZY tiennent moins à lui-même, à son action passée, à l’espoir qu’il est susceptible de susciter, qu’à la candidature (ou non-candidature) des BORLOO, De VILLEPIN et autres centristes ou adeptes de la droite.

Le PS, secoué par l’affaire DSK présentera un candidat, certainement François HOLLANDE ou Martine AUBRY, qui aura été choisi par une majorité relative de sympathisants du PS, et qui risque d’avoir du mal à fédérer ensuite derrière lui l’ensemble des forces qu’il est censé représenter, et qui, sur le plan d’une candidature à la présidentielle, aura beaucoup de lacunes et manque d’aura et de charisme.
Si la droite présentait un candidat fort et suscitant l’espoir, elle serait en mesure d’emporter cette élection. Mais ce candidat ne s’appelle pas SARLOZY, ni BORLOO, encore moins DE VILLEPIN.

L’élection de 2012 reste très ouverte, et aucun « candidat naturel » devrait être élu. Quelle que soit la nature du candidat qui occupera l’Elysée ensuite, souhaitons seulement qu’il soit un bon président…..