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vendredi 20 mars 2020

Jour 4 d’une autre vie.





Au bout d’un moment, tous les repères habituels ayant disparu, on ne sait plus trop quel jour on est. Quand en plus on ferme les yeux et qu’on réfléchit un peu à ce qui se passe, on plonge dans un abyme d’irréalité. Est-ce un rêve, ou un cauchemar plutôt ?
Il suffit d’allumer la télé, au moment des journaux, pour voir que c’est bien la réalité actuelle. On nous montre ce qui se passe en Italie, en Espagne, dans l’Est de la France, en région parisienne, et on se dit que ça va certainement arriver chez nous, et qu’on ne peut pas l’empêcher…
Indépendamment de la maladie, on se demande aussi combien de temps cela va durer, comment le pays va redémarrer, qui va payer tous ces milliards mis en jeu...Il faudra vraiment que commence une nouvelle ère, que cette pandémie ne reste pas vaine. Il faudra que nous changions nos façons de vivre, c’est sûr.

En ces temps difficiles, je me réconcilie même en partie avec Facebook, car l’imagination des internautes nous donne matière à sourire de nos malheurs. Ci-joint deux images, illustrant l’autorisation de sortir promener son chien…

Une pensée aussi pour les amants et maîtresses, un peu abandonnés au profit des légitimes, du fait du confinement ; une autre pour les cambrioleurs, vu que tout le monde est à la maison…..
Plus sérieusement, les gagne-petits, qui ne sont couverts par rien qui n’ont nulle garantie, qui ne percevront aucune indemnité...pensons un peu à eux.

Sur un autre plan, ce confinement donnera-t-il lieu à un baby-boom fin 2020 ou à une recrudescence des divorces ?

mardi 21 mai 2019

Moi qui croyais que mes parents m’aimaient.…

Oui, je croyais que mes parents m’aimaient.

En fait, je pense qu’ils m’aiment, mais ils m’aiment pour eux, pas pour moi. Ils m’ont fait, m’ont élevé, ont été fiers de moi, parfois, et ils veulent me garder, me garder pour eux. Car pour eux, si je partais, ce serait réduire à néant une partie de ce qu’ils ont fait, une part de leur vie.

Mais ce que je voudrais, c’est qu’ils se rendent compte que je suis déjà parti.

Certes, je suis là encore, du moins mon corps, sur ce lit d’hôpital. Une partie de mon corps, plutôt de ses fonctionnalités. Je ne bande même plus, papa, tu te rends compte !!
Je n’éprouve plus rien : plus de plaisir sensoriel, plus de joie, plus de peine non plus, remarque.
Je ne vois plus rien, si ce n’est des variations de lumière.
Je n’entends que des bruits de machine et un bruit de fond qui varie mais dont je ne saisis rien.
Je n’ai pas mal, non, mais je ne me sens pas bien non plus.
En fait, ma vie ne me sert plus à rien et, comme je suis un peu égoïste, je voudrais qu’elle s’arrête là. Qu’on cesse de m’examiner, de toucher mon corps qui ne ressent plus rien, de me contraindre à rester respirant sans aucun espoir de rétablissement.

Mais finalement, est-ce si égoïste que ça ? Je ne suis plus rien même si je ne suis pas encore parti, alors ne faut-il pas que je parte vraiment pour ne plus être un poids, une souffrance, pour ceux qui m’ont aimé quand j’étais totalement moi ? Mon départ définitif me permettrait de les libérer, de les rendre à leur vie, bien réelle celle-ci, de leur permettre de se reconstruire.

Oui, maman et papa, si vous m’aimez vraiment, n’écoutez pas ceux qui vous parlent de choses qu’ils ne connaissent pas, ceux qui ne pensent qu’à travers et pour eux, mais laissez moi partir enfin…
Votre fils...