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mercredi 10 mars 2021

Accès aux archives de la guerre d’Algérie, et puis…

 

Le Président Emmanuel MACRON vient de décider de rendre plus facilement accessibles des archives relatives à la guerre d’Algérie, jusqu’aux années 1970.C’est une excellente nouvelle pour les chercheurs, mais pas que…On sait beaucoup de choses sur cette période, sur les relations France-Algérie, entre 1830 et nos jours, mais on en suppose aussi beaucoup.

Pas que nous Français, les Algériens aussi.

Il est de notoriété publique que pendant les « évènements », la France et son armée n’ont pas été exemplaires.

Il est vrai aussi que la France a apporté énormément à ce pays et à sa population.

Il faut donc que cesse cette inimitié entre les deux peuples qui, tel un couple de divorcés, ne sait comment se comporter l’un vis-à-vis de l’autre.

La France a fait des choses condamnables, c’est un fait. Qu ‘elle le reconnaissance aujourd’hui, c’est bien. Mais il ne faut pas sombrer dans une repentance malsaine, trop facile maintenant, hors contexte.

La France a fait des choses condamnables, qu’elle le reconnaisse et l ‘ assume, un point c’est tout.

L’Algérie a bénéficié de l’apport des Français, qu’elle le reconnaisse et l’assume.




Aujourd’hui nous vivons dans une autre époque, dans un autre monde.

Repartons de zéro dans une coopération qui ne peut que profiter aux deux peuples pour autant qu’elle soit franche et loyale, dénuée de toute suspicion et de tout a priori.

Mais cela suppose aussi que le pouvoir algérien retrouve la confiance de son peuple et que les relations franco-algériennes ne soient pas utilisées de façon dévoyée par les dirigeants algériens.

jeudi 2 avril 2020

Jour 17 d’une autre vie. A propos de la mort et des morts.


Annuellement en France entre 600 000 et 610 000 personnes meurent tous les ans, soit un taux de mortalité de 9 pour mille environ.
A ce jour, le Covid 19 aurait provoqué un peu plus de 4 000 décès en France.
Rappelons que la canicule de 2003 avait causé entre 15 000 et 20 000 décès supplémentaires. Le chiffre des décès imputables à l’actuelle pandémie en France dépasseront certainement ce chiffre, lorsque les études permettront de mesurer cette surmortalité avec plus d’exactitude.

Les décès dus à la canicule de 2003 étaient majoritairement des personnes âgées, et on a donc assisté en quelque sorte à une accélération des décès : la plupart de ces personnes seraient certainement décédées dans les mois suivants ; leur vie a été abrégée par la canicule.


Aujourd’hui, nous constatons également que les personnes âgées paient le plus lourd tribut à la surmortalité, mais pas seulement elles. Et les différences avec la situation de 2003 tiennent au fait que, d’une part, toute personne, quel que soit son âge, est potentiellement susceptible de décéder, et d’autre part, que des soins importants et lourds sont nécessaires pour maintenir en vie les malades les plus graves, en nombre important, avec un taux de mortalité élevé.


On peut espérer que le nombre de morts supplémentaire ne soit pas extraordinaire, au vu de la mortalité générale observée sur plusieurs années, et à ce titre la pandémie actuelle ne sera peut-être pas exceptionnelle.
Ce que l’on retiendra, par contre, c’est son caractère mondial, c’est la douleur endurée entre le début de la maladie et son issue fatale, ce sont les conditions dans lesquelles sont vécus ces décès par les proches, qui auront, pour beaucoup d’entre eux, énormément de mal à faire leur deuil.


La canicule de 2003 a entraîné une amélioration des conditions de vie dans les établissements pour personnes âgées, notamment avec l’installation de climatisations, l’amélioration des protocoles de soin, mais elle n’a pas eu beaucoup plus de conséquences notables.
Il est à espérer que l’épisode actuel entraînera des révisions plus importantes de nos façons de vivre, de consommer, de travailler.



vendredi 23 décembre 2016

Anis AMRI serait passé par la France après son forfait, et alors ?



Anis AMRI, auteur de l’attentat du marché de Noël à Berlin a été tué par la police italienne près de Milan. Sa route, de Berlin à Milan, est très certainement passée par la France, Lyon, Chambéry, peut-être.


Des voix s’élèvent, offusquées qu’un terroriste en cavale puisse passer si facilement les frontières, il n’y a pourtant là a priori rien d’extraordinaire.
Nous sommes dans l’espace Schengen, et les frontières internes à cette zone sont très aléatoires. Par ailleurs, tous les points de passage entre un pays et l’autre ne peuvent être surveillés. Enfin Anis AMRI a pu bénéficier de complicités, de soutiens, et il était tout de même doté d’une certaine intelligence, de toupet, et il a pu gruger son monde.

Sauf à pucer tout un chacun, à mettre en place un gigantesque système d’espionnage et de surveillance, de tels individus pourront toujours se déplacer. Au moins pendant un certain temps. Il est quelque part rassurant que la fuite de ce terroriste ait pris fin, grâce aux mesures prises, peut-être, grâce à la chance peut-être aussi.

Il ne faut donc pas à mon sens être scandalisé, comme il ne faut pas non plus, à l’opposé, se dispenser d’une enquête pour s’assurer que tout n’aurait pas pu mieux fonctionner, qu’il aurait pu être arrêté plus tôt. Y compris avant son forfait.

Plutôt que de semer la discorde et la division, de tels agissements devraient au contraire nous conduire à rester unis, à chercher ensemble des solutions pour éviter, autant que faire se peut, que de tels massacres ne se reproduisent.

En même temps, il nous nous habituer à vivre « normalement » avec cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Sachons qu’un tel crime peut se produite à tout moment et en tout lieu. Qu’une connaissance, un ami, un parent peuvent en être victime. Que notre propre vie aussi peut s’arrêter sous les coups aveugles d’un fou criminel.

mardi 22 janvier 2013

L’amitié franco-allemande : un non-sujet, mais une réalité.

Le cinquantenaire du traité de coopération et d’amitié franco-allemand, dit traité de l’Elysée, signé entre le chancelier Konrad ADENAUER et le président Charles DE GAULLE est célébré ces jours-ci, avec parfois des sentiments d’inachevé, de gâchis, de rendez-vous ratés. D’ailleurs, périodiquement, on entend des voix regretter des situations passées : « Kohl et Mitterrand s’entendaient mieux », « les relations entre Giscard et Schmidt étaient plus chaleureuses », « le Président Hollande devrait ménager la chancelière allemande », « François Hollande affaiblit le couple franco-allemand » etc… Pourquoi toutes ces réflexions, pourquoi ces regrets ou ces inquiétudes, voir ces inepties ?


La France et l’Allemagne sont deux grandes nations, avec leurs peuples et leurs dirigeants, leurs richesses, leurs modes de vie, leurs points forts et leurs points faibles, qui sont variés et différents. Il est logique, il faut qu’elles vivent chacune leur propre vie !

Elles sont deux nations sœurs, mais pas deux nations jumelles.

Il est donc tout-à-fait normal qu’elles n’avancent pas à la même allure, qu’elles prennent parfois des chemins divergents, qu’elles ne soient pas toujours d’accord entre elles, leurs intérêts n’étant pas forcément les mêmes.

Ce qu’il faut par contre, c’est que les Français apprennent à mieux connaître le peuple allemand et sa culture, comme les Allemands doivent davantage découvrir notre pays, notre histoire, notre mentalité.

Mes parents, nés en Moselle entre les deux guerres mondiales, ont connu l’annexion et avaient des grands parents qui étaient nés allemands. Des membres de ma famille sont des travailleurs frontaliers et côtoient tous les jours des collègues allemands dont ils se sentent parfois plus proches que d’un francilien.

Des jeunes Français, qui n’ont aucun passé commun avec l’Allemagne décident d’apprendre l’allemand et rêvent de Berlin, de Munich ou de Francfort. De nombreux Allemands viennent dans notre pays, pas seulement pour son soleil et sa gastronomie, mais parce qu’ils s’y sentent bien. Là est l’aboutissement des souhaits de Konrad Adenauer et Charles de Gaulle, et faisons que cela dure…