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jeudi 18 avril 2019

La suppression de l’ENA…., jeu de dupes.

Lundi 15 avril, le Président Emmanuel MACRON devait annoncer les premières mesures suite au grand débat qui avait été initié au plus fort du mouvement des Gilets Jaunes. L’incendie de la cathédrale Notre Dame l’a contraint à repousser cette annonce, qui n’est toujours pas intervenue. Néanmoins, des mesures présentées comme certaines ont fuité dans la presse. Parmi celles-ci, la suppression de l’Ecole Nationale d’Administration.
C’est un jeu de dupes, et fort heureusement.

C’est un jeu de dupes car si un décret va mettre fin à l’existence de l’ENA telle que nous la connaissons, elle sera rapidement remplacé par une nouvelle structure. Celle-ci, certainement, fonctionnera différemment, mais le principe d’une formation spécifique pour les membres de la Haute Administration existera toujours. Et, quoi qu’on fasse, elle comptera toujours plus d’élèves issus de la bourgeoisie et haute bourgeoisie que du menu peuple. Ce phénomène n’est pas dû à l’ENA, il est dû aux échelons inférieurs : la famille, l’éducation, que ce soit en primaire, au collège ou au lycée. Vous prenez un élève méritant et volontaire d’une famille d’ouvriers, lui permettez de faire ses études dans de bons établissements, il pourra intégrer l’ENA ; vous prenez un fils de bourgeois, de haut cadre ou de noble, le formez dans certains de nos collèges et lycées, et il sera incapable de réussir el concours d’entrée à l’ENA. 

Mais les Gilets Jaunes voulaient la suppression de l’ENA, ils l’auront.

Une formation de qualité sera dispensée à nos futurs hauts fonctionnaires par un autre moyen.
Si tans d’anciens élèves de l’ENA peuplent les états-majors de grande entreprises, c’est un peu grâce à leur réseau, à leur carnet d’adresses, mais c’est aussi grâce à la qualité et à l’efficience de leur formation.




vendredi 14 septembre 2018

Anne FRANK et Maurice AUDIN.



Il a quatorze ans, et vient d’entrer en classe de troisième dans un collège privé réputé et exigeant. Afin de l’aider et de faire en sorte qu’il puisse, alors qu’il n’a été jusque là qu’un élève moyen, effectuer une bonne année scolaire et arriver au niveau moyen élevé de sa classe, ses parents ont décidé de lui payer des cours de soutien en mathématiques et en français.
J’ai fait sa connaissance hier, car je vais l’assister sur le français.
Nous avons parlé hier, en lien avec ses cours au collège, de récits de vie : biographie, autobiographie et journal. Quand nous avons parlé de ce thème, il a parlé de « L’Equipe », de « Charlie », du « Progrès ».
«  Ce n’est pas que cela,  un journal » lui ai-je dit
-      Ah oui, il y a aussi le journal télévisé
-      Bien sûr, mais n’as-tu jamais entendu parler de personnes, parfois connues, qui, tous les jours, en quelques lignes ou pages, font un récit de leur journée, de ce qu’elles ont fait, des personnes qu’elles ont rencontrées, des livres lus, des films vus, etc…
-      Non, ça ne me dit rien…
-      Pendant la guerre, par exemple, une jeune fille qui raconte sa vie cachée, car elle était juive et voulait échapper aux Allemands ?
-      Non
-      Anne FRANK, le « Journal » d’Anne FRANK, cela ne te parle pas ?
-      Ah si, mais ça a existé, j’ai lu que ç’avait été inventé, que c’était pas vraiment une fille qui l’avait écrit… »
Un jeune ado vient de me porter un coup sur la tête.

Il suit une scolarité normale, fait du sport, ne lit pas, car il n’aime pas ça, pas même des bandes dessinées. Il ne regarde pratiquement pas la télévision mais, reconnait-il, passe beaucoup de temps sur son téléphone. Est-ce la faute à internet ? Aux réseaux sociaux qui véhiculent le meilleur et le pire ?
Toujours est-il qu’il faut absolument apprendre à nos gamins à trier le vrai du faux, à ne pas multiplier la diffusion de fake news, à ne pas se contenter des informations qui circulent via des écrans, mais à échanger avec des personnes réelles en chair et en os.

Comme Anne FRANK a existé, Maurice AUDIN a existé, puis, un jour a été arrêté et, vraisemblablement, exécuté. Au même titre que la période de l’occupation, avec la Résistance et la collaboration, la période de la guerre d’Algérie a été trouble. Beaucoup de faits et d’événements sont encore tus, des comportements cachés. Il est salutaire que le président de la République Emmanuel MACRON veuille mettre des noms sur des faits, ouvrir des archives et reconnaître une certaine responsabilité de l’Etat dans des événements jusque là inavoués.
En espérant que nos jeunes ados, comme nous les adultes, puissions avoir accès à la vérité.



lundi 21 novembre 2016

Choses entendues.

29 mars 2016



Carlos TAVARES, président de PSA a vu son salaire doubler en 2015, et aura touché à ce titre plus de 5 millions d’€uros. La gauche en général, les syndicats, critiquent cette rémunération que d’autres trouvent disproportionnée, inconvenante ou dommageable.
Bien évidemment, Pierre GATTAZ, le président du Medef n’est pas de cet avis ; pour lui « c’est la rémunération de la réussite » Carlos TAVARES ayant réussi à redresser le constructeur automobile, et ce plus vite que prévu.
Je trouve normal que dans ces conditions le président de PSA voie sa rémunération augmenter de façon significative. Mais il ne faut surtout pas oublier que ce redressement n’est dû qu’à lui seul. L’ensemble des salariés du groupe, chacun à sa place, et en fonction de ses possibilités et moyens, a contribué à ce redressement.
Par conséquent chaque salarié devrait, à hauteur de sa contribution, tirer bénéfice de cette évolution.
Il est quand même bizarre qu’en période de vaches maigres on sache toucher aux avantages salariaux de l’ensemble du personnel, ne serait-ce qu’on supprimant les hausses de salaire et que, en période bénéfique, on oublie totalement d’en faire profiter 95 % des salariés !!

Corinne DEPAGNE est pneumologue, mère de famille. Son fils fréquente le Lycée Saint Exupéry à Lyon. Madame DEPAGNE a décidé de porter plainte contre l’Education nationale et le rectorat de Lyon parce que, depuis l’instauration de l’état d’urgence, des proviseurs ont autorisé leurs élèves à fumer dans l’enceinte de l’établissement scolaire (mais en extérieur tout de même), dans le seul but d’éviter que ces élèves ne s’agglutinent sur le trottoir devant l’établissement, comme ils le faisaient jusque là pour fumer leur cigarette.
Madame DEPAGNE a déclaré notamment : « On empêche nos enfants de se faire tuer devant les lycées et on les laisse se faire tuer à petit feu à l’intérieur ? »

Pour une fois que des fonctionnaires n’ont pas appliqué bêtement et férocement le règlement, et qu’ils ont réagi humainement et intelligemment à une situation exceptionnelle, je ne peux que leur apporter mon total soutien.
Désolé, Madame DEPAGNE, mais vous êtes à côté de la plaque.