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samedi 12 février 2011

Qui après Ben Ali et Moubarak ?



Les dirigeants tunisien et égyptien ont été chassés par leur peuple, et il est probable que cette vague de liberté qui déferle sur l’Afrique du Nord ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Personne, et les gouvernants français moins que tout autre, ne se hasardera à émettre des pronostics sur le prochain pays à prendre un coup de fraîcheur.
L’Algérie est certainement le pays qui se rapproche le plus des deux précédents, bien que la situation y soit totalement différente, mais la Jordanie et le Maroc pourraient aussi être candidats à cette émancipation. Les Libyens, qui auraient bien besoin de liberté et de démocratie semblent malheureusement trop prisonniers de leur pouvoir.


En tant que Français, il est de notre devoir de soutenir les désirs de renouveau et de liberté de nos voisins algériens.

Il faudra également analyser les véritables fondements de ces révolutions, et voir si elles restent circonscrites à l’Afrique du Nord, pour des raisons liées à leurs populations, leurs gouvernants, le bassin méditerranéen et la proximité de l’Europe. Si par contre on assiste à un réveil de la jeunesse musulmane, il n’y a pas de raison objective que ces mouvements ne touchent des pays musulmans hors d’Afrique, et là de grandes incertitudes surgiraient….

Imagine-t-on pareils bouleversements en Indonésie, au Pakistan ?

Il ne faut pas non plus oublier d’autres contrées où l’absence de liberté et le chômage, la corruption, les inégalités, les injustices règnent : Chine, Russie, Cuba, pour ne citer que les plus emblématiques.

Nos gouvernants devraient évoquer plus largement ces problèmes avec leurs homologues dirigeant ces pays, quitte à les froisser un peu, et nous devons encourager tout mouvement de ces peuples pour conquérir plus de liberté.

mercredi 2 février 2011

Les habits d’Eric WOERTH siéent à Michèle ALLIOT MARIE et Patrick OLLIER.

Eric WOERTH, peut-être totalement innocent, mais sur lequel pèse une chape de suspicion pour conflit d’intérêts voire prise illégale d’intérêts ayant été écarté du gouvernement lors du dernier remaniement, c’est au tour de la ministre des affaires étrangères et de son compagnon, le ministre chargé des relations avec le Parlement d’être les cibles de journalistes, notamment du Canard Enchaîné.

Que leur reproche-t-on ?
D’avoir utilisé un jet privé et séjourné dans un hôtel en Tunisie, fin décembre dernier, qui appartiennent à Aziz MILED, qui serait proche de la nébuleuse Ben Ali.
Le cabinet de la ministre dément cette proximité, alors que la Suisse a placé cet homme sur la liste des personnalités dont il convient de geler les avoirs, car il serait proche de Ben Ali et l’aurait publiquement encouragé à se représenter aux élections de 2014.

Il ne devrait pas être trop difficile de savoir si, oui ou non, cette proximité entre Aziz MILED et BEN ALI était avérée ou non.
Si c’était le cas, il serait évident que ces deux ministres doivent démissionner, l’autorisation donnée fin décembre d’exporter du matériel de maintien de l’ordre, dont des grenades lacrymogènes, vers Tunis ayant déjà, à elle seule, pu être à l’origine d’un retrait de MAM, car constitutive d’une erreur manifeste d’appréciation pour une responsable du Quai d’Orsay !

Si au contraire il était prouvé qu’aucun lien n’existe entre MILED et BEN ALI, il serait à tout le moins bienvenu que MAM et Patrick OLLIER soient reçus par le Premier Ministre et recadrés afin d’éviter, à l’avenir, toute action pouvant relever d’un conflit d’intérêts.

Il n’est pas admissible qu’un ministre des affaires étrangères profite de largesses octroyées par des personnalités en vue de pays étrangers, surtout quand ces pays sont à la fois proches et stratégiques, mais également en train de vivre des événements d’une telle importance.

samedi 29 janvier 2011

La pleutrerie française.

Décidément, les autorités suprêmes de notre pays n’ont pas été capables de comprendre la leçon tunisienne et, excepté le fait que notre ministre des Affaires étrangères n’ait proposé aucune collaboration au Président MOUBARAK, elles ne font pas davantage preuve de clairvoyance ou d’audace face aux événements en Egypte que face à la révolution tunisienne.

Les paroles du Président OBAMA et de sa Secrétaire d’Etat Hillary CLINTON montrent le gouffre existant entre un Grand Pays et une France qui voudrait être grande mais décidément n’y arrive pas.
Alors que le site www.elysee.fr annonce la rencontre du Président SARKOZY avec les maires du Cher le 1er février prochain ou rend compte des entretiens du même SARKOZY avec le Commandant de la Garde nationale d’Arabie Saoudite ou les grands entrepreneurs au Forum économique de DAVOS, le site www.whitehouse.gov, lui, propose des entrées sur la situation en Egypte, notamment les dernières déclarations du Président OBAMA qui, ces derniers jours, a osé et su mettre en garde le Raïs égyptien.

Si le gouvernement SARKOZY a voulu faire preuve de prudence jusqu’à maintenant, il devrait au moins changer de méthode à l’analyse de l’allocution prononcée par le Président égyptien hier, qui ne peut amener aucune évolution positive à la crise actuelle. A l’instar de son ancien homologue tunisien, il n’a rien compris (ou ne veut pas comprendre). Il est à craindre pour lui, à espérer pour le peuple égyptien, que l’évolution de sa situation personnelle soit la même que pour BEN ALI.

dimanche 23 janvier 2011

Vœux du Président de la République au Corps Diplomatique.


Ce lundi 24 janvier, le Président SARKOZY présentera ses vœux au corps diplomatique. L’an dernier, il vantait notamment l’activité inlassable de Bernard KOUCHNER, épaulé par Alain JOYANDET et Pierre LELLOUCHE ; osera-t-il, cette année, louer la clairvoyance de sa ministre des Affaires étrangères Michelle ALLIOT-MARIE ?

La crise tunisienne, et les révélations qui se font jour donnent une piètre image de la France et de ses représentants en Tunisie. L’ambassadeur actuel n’a rien vu venir, assurant sa ministre, que le calme revenait, et que le président Ben Ali reprenait les choses en main, l’induisant ainsi totalement en erreur. Son prédécesseur, que les Américains surnommaient « l’ambassadeur de Ben Ali auprès de Sarkozy » se serait vu offrir une magnifique villa par le despote déchu.
Il semble bien que les séjours réguliers passés par nos dirigeants dans de magnifiques cocons tunisiens leur aient totalement annihilé toute capacité de jugement, et ne leur permettaient même plus d’appréhender la réalité de la vie en Tunisie.


Si la situation en Algérie devait suivre une évolution analogue, il est à souhaiter que la diplomatie française soit plus judicieuse et clairvoyante, afin que la France ne devienne pas la risée du corps diplomatique.


Cette cérémonie de vœux 2011 au corps diplomatique entrerait dans les annales si par bonheur Nicolas SARKOZY osait reconnaître que la France s’est trompée dans son jugement sur la situation en Tunisie. Mais tel aveu nécessiterait un peu de modestie de sa part….


La photo est issue du site de l'Elysée et concerne les voeux 2010.

dimanche 16 janvier 2011

Le temps n’est pas toujours d’argent, ni le silence d’or….

Dans l’affaire tunisienne, le silence du gouvernement français a longtemps été de plomb. Puis Michelle ALLIOT-MARIE l’a rompu, de la façon la plus déshonorante qui soit pour notre pays. Alors que le silence était officiellement justifié dans le cadre de la « non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays ami », la ministre des Affaires étrangères a proposé d’envoyer des renforts en matière de maintien de l’ordre ! Que font nos services de renseignements en Tunisie ?
N’avaient-ils pas vu que le joug tunisien cédait ? Que le peuple tunisien prenait sa liberté et s’émancipait ?

Concernant les événements tragiques du Niger, qui ont coûté leur vie à Antoine de LEOCOUR et Vincent DELORY, les premières déclarations du ministre de la défense Alain JUPPE ont été courageuses. Puis on a entendu que les deux otages avaient été froidement abattus par les ravisseurs, ce qui s’est avéré faux, que des prisonniers avaient été faits parmi les terroristes, ce qui n’était pas davantage exact. Pourquoi, par moment, nos hommes politiques ne savent-ils pas garder le silence ou avouer leur ignorance, plutôt que de faire des déclarations qui ne reposent pas sur des certitudes, pour être contredits ensuite ?
J’aimerais que Nicolas SARKOZY dise sa tristesse et reconnaisse que l’action militaire destinée à arrêter les ravisseurs des deux Français a vraisemblablement, et directement, causé la mort de l’un d’entre eux. Ce serait une preuve d’honnêteté, un geste de vrai homme d’Etat.

Parfois il faut parler, parfois il faut savoir se taire, ou prendre son temps avant de le faire.

mercredi 12 janvier 2011

Ne soyons pas tous diplomates !!!


Le porte-parole du gouvernement, François BAROIN a déclaré ce matin : « …la Tunisie est un ancien protectorat français. Compte tenu de nos liens d’amitié et compte tenu de notre histoire commune, aller plus loin serait faire preuve d’une ingérence qui n’est pas du tout la ligne de la diplomatie française. »

Alors, ne soyons pas tous diplomates, et soutenons les Tunisiens dans leur combat pour obtenir davantage de démocratie et de justice.
Soyons des amis des Tunisiens, non de la Tunisie de nos pères.
Nos hommes politiques amis de la Tunisie devraient avoir la franchise de reconnaître que ce pays est un Etat policier, qui brime la liberté au nom d’une pseudo laïcité. Si le gouvernement français (mais aussi des personnalités de la « gauche douce », telles Frédéric MITTERRAND, Bertrand DELANOË et d’autres encore, qui ont de fortes et anciennes attaches avec la Tunisie) se bornent à appeler à l’apaisement, à déplorer la violence, au nom d’une « position équilibrée », osons le déséquilibre !
C’est parce que la balance depuis trop longtemps ne penche que du côté du pouvoir et d’une oligarchie connue de tous que les plateaux ont été déséquilibrés au point d’arriver à cette rupture et à ces affrontements que nous connaissons aujourd’hui.

C’est donc au seul pouvoir qu’il faut adresser des appels au changement, à la réforme, voir à la révolution.

Le peuple tunisien ne se bat que pour recouvrer sa dignité et sa liberté !