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dimanche 22 mars 2020

Jour 6 d’une autre vie. Et le moral dans tout ça ?


 Dans notre joli Beaujolais, le temps reste pour l’instant printanier, ce qui est bon pour le moral, d’autant plus que ceux qui ont un peu d’espace ou de jardin peuvent tripoter la terre, ce qui change les idées et permet de ne pas toujours penser à la menace.




L’anxiété tout de même pointe son nez, car la courbe des chiffres des malades et des décédés ne cesse pour l’instant de monter, et on sait trop bien que, si nous sommes encore relativement épargnés pour l’instant, ce ne saurait durer. Pour preuve les préparatifs et réaménagements en cours dans les établissements de soins locaux.

Psychologiquement, le confinement va bientôt commencer à produire des effets négatifs chez certaines personnes qui ne le supportent pas très bien, qui ont du mal à gérer ce bouleversement total de leur vie. La solitude, surtout non choisie et non préparée peut être dure à supporter, une vie recluse à deux, trois, quatre ou plus de personnes, qui sont plus habitués à se croiser qu’à être toujours ensemble, peut être source de conflits aussi au bout d’un moment. Pratiquement plus de vie sociale en dehors du cercle familial strict, plus d’activité professionnelle, une incertitude totale sur une date et des conditions de reprise d’une vie normale..

Et pensons aussi à ces nombreuses personnes qui perdent un parent, que ce soit du Covid ou non, mais qui ne peuvent lui accorder des funérailles « normales » du fait du confinement...Le deuil sera très difficile à faire et un certain sentiment de culpabilité existera longtemps, un sentiment d’avoir enterré son proche, « comme en cachette, à la sauvette », sans la présence et le soutien des parents et amis..

Et que dire de la psychologie de nos soignants,
qui font ce qu’ils peuvent avec ce qu’ils ont,
qui sont confrontés en permanence au stress et à la fatigue,
qui voient tous ces non-citoyens qui ne respectent pas les règles élémentaires de protection, bientôt de survie,
qui voient la souffrance et la solitude des malades,
qui sont confrontés, bien plus que d’habitude, à l’échec,
qui redoutent d’être obligés, un jour prochain peut-être, de ne pas prendre en charge un malade, et ainsi à le condamner, parce que les moyens ne sont pas suffisants,
qui ont peur de côtoyer leur conjoint, leurs enfants, leurs parents, de crainte de leur transmettre cette maladie dont ils sont peut-être porteurs sans le savoir et le ressentir,
qui risquent de se décourager….


lundi 17 août 2009

Un peu d’humanité, Madame l’Ambassadrice !

Le 30 juin dernier, des passagers embarquaient en toute confiance dans un vol Air France à destination des Comores.
A l’occasion d’une escale au Yémen, l’Airbus d’Air France a été remplacé par un avion bien moins fiable de la compagnie Yemenia, qui s’est écrasé au large des Comores. 152 personnes sont disparues lors de cette tragédie.
Très peu de corps ont pu être repêchés, et le Tribunal de Grande Instance de Paris, comme c’est la règle dans les cas de ce genre, vient de prononcer un jugement déclaratif de décès pour la plupart des disparus de nationalité française, afin que la vie puisse continuer pour leurs familles.

Le site internet du Figaro écrit « Les familles de ces personnes en ont été informées par téléphone. Elles recevront les actes de décès de leur(s) proche(s) par la poste » selon les paroles de Madame Christine ROBICHON, l’ambassadrice française chargée des relations avec les familles des victimes.

N’aurait-il pas été possible que ces actes de décès soient remis en mains propres, si ce n’est par du personnel du Ministère de la Justice ou des Affaires Etrangères, au moins par des membres d’associations d’aide ou de soutien ?

Ces personne ont quitté leurs proches à leur domicile, sur le quai d’une gare ou dans le hall d’un aéroport. Puis elles ont appris que leur avion avait disparu, qu’elles ne reverraient certainement plus ces parents ou amis, et maintenant on leur envoie un papier froidement…..
Pensons à la maman qui ouvre l’enveloppe renfermant l’acte de décès de son enfant, aux enfants qui vont découvrir l’acte de décès de leurs parents…..

Trop souvent on fait appel à des « cellules de soutien psychologique » alors que parfois on se trouve dans des situations certes difficiles et a priori inhabituelles, mais que tout un chacun devrait pouvoir affronter seul ou avec l’aide de ses proches . Dans le cas présent, on réduit une vie, une mort brutale, à un acte de décès qui constate qu’une personne partie il y a un mois et demi ne reviendra plus jamais. Et dont on ne verra jamais la dépouille, ce qui ne facilitera pas le travail de deuil des proches.

Un peu d’humanité s’il vous plaît, Madame l’Ambassadrice.