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vendredi 3 mars 2017

Autopsie d’un candidat.




Autopsie, car le candidat Fillon est mort. Que révèle cette autopsie ?

Tout d’abord, une nouveauté. On savait de longue date que le pouvoir pouvait rendre fou. On vient de découvrir que la sensation du pouvoir, l’idée, voire la certitude qu’on pouvait y arriver, peut entraîner à commettre des actes insensés.
Mais comment François FILLON en est-il arrivé là ?

Il faut dire en préambule qu’on ne connait jamais vraiment totalement les personnes, et il en va ainsi de notre candidat, comme de tout autre individu.
On le connaissait posé, sérieux, courageux, imprégné du sens de l’Etat et du service, mais peut-être recèle-t-il d’autres caractéristiques psychologiques, voire névrotiques, que l’on ignorait.

Il est certain que le quinquennat passé au service de Nicolas SARKOZY l’a profondément marqué. Pendant ces cinq années qu’il a entièrement consacrées au service du président d’alors, il a servi loyalement, encaissant tous les revers, les brimades, les moqueries. C’est alors qu’il s’est juré de prendre sa revanche, de devenir un jour calife à la place du calife, mais dans le respect des règles.
C’est ainsi qu’il a décidé de briguer la magistrature suprême en se présentant à la primaire de la droite et du centre, malgré la victoire annoncée d’Alain JUPPE.

Et la participation massive à cette élection, ainsi que sa victoire inattendue à ce scrutin l’ont conforté dans son idée. Il a gagné la primaire, et il a immédiatement, avec l’aide de tous les sondeurs, médias, commentateurs politiques, mais aussi des électeurs, transformé cette victoire en victoire à l’élection présidentielle elle-même. Pour lui et son équipe, le scrutin d’avril et mai prochains se transformait en une simple officialisation d’une victoire déjà acquise.

Puis est survenue l’Affaire.
Mais François FILLON n’a pas pris la mesure des événements.
Il nie toute culpabilité, car il ne reconnait aucune infraction. La justice en décidera.
Il a, quasiment sous la contrainte, reconnue une possible erreur, mais n’a pas réalisé la gravité de sa faute morale et politique.
Il a donc décidé de se maintenir, persuadé que le corps électoral dans son ensemble imitera le corps électoral de la primaire, et lui confiera les clés de l’Elysée.
Comme dans la publicité de la compagnie d’assurance MAAF, où un personnage récurrent martèle : « Je l’aurai un jour, je l’aurai ! », François FILLON pense la même chose de l’élection présidentielle.

Malheureusement pour lui et sa famille politique, son aveuglement, qui tend à friser la déraison, les voue à l’échec.

mardi 21 février 2017

Supplique à François

Cher François,

Il est prévu que tu annonces aujourd'hui si tu te présentes ou pas à la prochaine élection présidentielle. Je voudrais te mettre en garde et surtout te faire prendre conscience que cette éventuelle candidature serait pour toi celle de trop.

Reconnais que même si tu nous réserves toujours des surprises,  tu n'incarnes pas la nouveauté.
Cette année , plus que les autres fois,  tes idées et tes convictions sont déjà largement présentes dans la campagne. Certes, ce n'est pas toi qui les porte, mais elles sont là,  et si tu veux vraiment les promouvoir,  tu n'as pas de meilleur choix que de soutenir celui qui les met en avant, pourquoi pas en l'aidant et en travaillant avec lui.

Sur un plan plus personnel , as-tu pris la mesure de la petitesse du créneau que tu pourrais occuper si tu te présentais ?  Tu réaliserais le plus mauvais de tes scores dans cette campagne de trop.

Alain JUPPE, trop longtemps favori, derrière lequel tu t'étais rangé, à été battu.
François FILLON, qui ne respecte même plus les exigences qu'il demande aux autres candidats, par son entêtement, risque d'envoyer sa famille politique dans le mur.
La gauche, qui était si mal en point, sûre de perdre, aurait pu renverser la situation à son avantage, mais des egos sur dimensionnés l'en empêchent.

En te lançant dans la bataille, tu prendrais le risque de tuer la candidature d'Emmanuel MACRON,  la seule qui possède la fraîcheur de la nouveauté et qui soit acceptable par le plus grand nombre en n'étant pas néfaste pour la France et les Français.

Souhaites tu ce fiasco?

Certains élus de gauche, conscients du risque qu'ils courent de ne pas être réélus aux prochaines élections législatives, annoncent mettre un terme à leur carrière politique pour laisser la place au renouvellement. Ils en sortent grandis, plutôt qu'humiliés par une défaite consécutive à la campagne de trop.

Nous t'aimerions mieux , François, si tu prenais la même courageuse décision.

vendredi 9 décembre 2016

La primaire de la Belle Alliance Populaire.



Ce qui fut un succès une fois, ne l’est pas toujours la fois suivante. Ainsi, la première primaire organisée en France, par le parti socialiste, en 2011, fut un réel succès. Le déroulement de la primaire de la droite et du centre, le mois dernier, laissait croire que ce genre de sélection était vraiment très positif.
La primaire que doit organiser la Belle Alliance Populaire en janvier prochain va certainement démontrer que le succès n’est pas acquis.
Il semble qu’au niveau purement organisationnel, tout ne soit pas encore bouclé, et que ce n’est pas tout simple.
Ensuite, il y a pour l’heure pléthore de candidats, certains étant même refoulés par le parti socialiste (Pierre Larrouturou, Sébastien Nadot, Bastien Faudot). D’autres ne pourront finalement se présenter, car ils n’auront pas les parrainages nécessaires (faute d’élus socialiste ?).
Et les élus socialistes qui se rangent derrière Emmanuel MACRON vont-ils parrainer un candidat à cette primaire ?
Les dirigeants du PS souhaitent d’ailleurs ardemment qu’Emmanuel MACRON et Jean Luc MELENCHON s’intègrent dans cette primaire, afin d’une part de doper l’intérêt des électeurs et, d’autre part, de les retirer de la course à la présidentielle afin que davantage de voix se reportent sur le vainqueur de cette primaire.
Mais les électeurs ne devraient pas se déplacer en masse pour faire leur choix en janvier, car ils savent déjà que celui qui sortira vainqueur de ce scrutin n’a aucune chance de l’emporter, en mai et juin prochains, et car aucun des candidats n’a la capacité de fédérer une gauche usée par le pouvoir et ses dissensions internes.
Alors, oui, la primaire de 2011  fut une réussite, celle de 2017 ne le sera pas.