ANNONCE

jeudi 17 novembre 2016

A propos de deux faits divers.



Tout d’abord, je tiens à préciser que le vocable « faits divers » ne signifie pas fait de peu d’importance. En effet, les deux cas que je vais évoquer ci-dessous ne sont pas mineurs, d’une part et, d’autre part, je veux plus évoquer des réactions qu’ils ont suscité, plutôt que les actes en eux-mêmes.

Chloé, neuf ans, a été enlevée à Calais hier après-midi, et son corps a été retrouvé très peu de temps après, car elle a été assassinée, vraisemblablement après avoir été violée. C’est un crime innommable et horrible, tant pour elle-même que pour ses parents. Ce meurtre aurait été commis par un ressortissant polonais qui avait déjà été condamné à de la prison en France pour d’autres faits délictueux, puis expulsé vers la Pologne où il devait également être jugé pour d’autres actes. Il avait quitté son pays hier, et était revenu en France, soit disant dans l’optique de partir au Royaume Uni.
Immédiatement, des gens en colère ont pesté contre le laxisme de la justice, ont accusé l’Etat de ne pas l’avoir empêché d’entrer sur le territoire français, etc…
Lors de son emprisonnement en France il a bénéficié des réductions de peine normalement pratiquées, donc l’accusation de laxisme ne tient pas. Ensuite, il est revenu en France, mais on ne peut dans ce domaine accuser personne, puisque la Pologne fait partie de l’espace Schengen, qui pose le principe de la liberté de circulation, et seul un passage par la voie des airs et un aéroport, ou alors un contrôle de police fortuit aurait pu permettre une reconduite à la frontière. Un passage de celle-ci à pied, en voiture ou en train est tout à fait normale sans contrôle. Il n’y a donc là non plus, aucune faute de personne.
Je n’apaiserai ni la peine ni la colère des parents de Chloé en leur expliquant tout simplement que leur fille a croisé la route d’un fou ou d’un malade, et que personne n’y peut rien.

Second faits divers : la profanation de 220 tombes du cimetière chrétien Saint Roch de Castres. Philippe BILGER, ancien magistrat, fort en gueule, dans son blog sur le figaro.fr regrette que pour cette profanation ne se soit déplacé « que » le ministre de l’Intérieur, et que ni le Premier Ministre, ni le Président de la république ne soient venus, alors que dans d’autres cas ils se sont déplacés, notamment lorsqu’étaient concernées des tombes juives ou musulmanes.
Dans le cas de Castres, nous avons affaire, une fois encore à un fou, comme d’ailleurs lorsqu’une femme dévêtue a profané des tombes au cimetière de Lixheim, en Moselle, la semaine passée (ne l’avez-vous pas su, Monsieur Bilger ?), et les tombes sont pas profanées dans ces deux cas parce que chrétiennes, contrairement à ce qui s’était passé lors de précédentes profanations ou des tombes avaient été saccagées parce que juives ou musulmanes.
Dans le cas de Castres, il ne semble pas que la religion soit en cause, et que la liberté de conscience soit menacée ; c’est uniquement l’acte d’un déséquilibré.
Et, Monsieur Bilger, on ne peut pas demander au Premier Ministre ou au Président de la République de se déplacer à chaque fois qu’un fou commet un tel acte, quelle que soit la gravité des conséquences  de ce genre de « faits divers ».