ANNONCE

vendredi 3 avril 2020

Jour 18 d’une autre vie. Confinement, suite…


Sur le front, 588 nouveaux décès en France, ce qui porte le total à plus de 6 500 défunts officiellement imputables au covid-19, sachant que ce chiffre est forcément incomplet.
Le Grand Est et l’Ile de France sont toujours sous tension extrême même si un ralentissement de la propagation se fait jour en Alsace. On continue à évacuer des malades de ces régions vers des hôpitaux d’autres régions, notamment l’Ouest. Sachant que ces malades doivent rester entre deux et trois semaines en réanimation, qu’en sera-t-il dans ces régions d’accueil quand elles seront elles-mêmes touchées ? Espérons qu’elles le soient à un degré moindre.

Le ministre de l’Education Jean Michel BLANQUER a annoncé que les baccalauréats et brevets des collèges seront attribués cette année sur la base des notes obtenues au cours des deux premiers trimestres, soit jusqu’au 13 mars, et éventuellement des notes obtenues sur la fin de l’année scolaire si les cours reprennent avant la fin juin. Situation totalement inédite, et décision à la hauteur de la situation exceptionnelle que nous vivons.
Les vacances de printemps démarrent ce soir et, confinement oblige, le secteur du tourisme voit encore une période habituellement faste totalement anéantie.

Des entreprises commencent à vouloir reprendre le travail, ce qui est possible si les conditions sanitaires le permettent, mais auront-elles à la fois des salariés, des clients et des fournisseurs ?

L’actuelle période de confinement est prévue jusqu’au 15 avril, mais le Premier ministre Edouard PHILIPPE a évoqué hier son prolongement possible, dû en partie au fait qu’on ne sait pour l’instant comment en sortir sans risque. Cette incertitude commence à miner le moral et laisse trop de questions sans réponse.

Les fêtes de Pâques, cette année seront célébrées en très petits comités...et nos petits privés de chasse aux oeufs!

Jean François PRE, chocolatier à Landivisiau






jeudi 2 avril 2020

Jour 17 d’une autre vie. A propos de la mort et des morts.


Annuellement en France entre 600 000 et 610 000 personnes meurent tous les ans, soit un taux de mortalité de 9 pour mille environ.
A ce jour, le Covid 19 aurait provoqué un peu plus de 4 000 décès en France.
Rappelons que la canicule de 2003 avait causé entre 15 000 et 20 000 décès supplémentaires. Le chiffre des décès imputables à l’actuelle pandémie en France dépasseront certainement ce chiffre, lorsque les études permettront de mesurer cette surmortalité avec plus d’exactitude.

Les décès dus à la canicule de 2003 étaient majoritairement des personnes âgées, et on a donc assisté en quelque sorte à une accélération des décès : la plupart de ces personnes seraient certainement décédées dans les mois suivants ; leur vie a été abrégée par la canicule.


Aujourd’hui, nous constatons également que les personnes âgées paient le plus lourd tribut à la surmortalité, mais pas seulement elles. Et les différences avec la situation de 2003 tiennent au fait que, d’une part, toute personne, quel que soit son âge, est potentiellement susceptible de décéder, et d’autre part, que des soins importants et lourds sont nécessaires pour maintenir en vie les malades les plus graves, en nombre important, avec un taux de mortalité élevé.


On peut espérer que le nombre de morts supplémentaire ne soit pas extraordinaire, au vu de la mortalité générale observée sur plusieurs années, et à ce titre la pandémie actuelle ne sera peut-être pas exceptionnelle.
Ce que l’on retiendra, par contre, c’est son caractère mondial, c’est la douleur endurée entre le début de la maladie et son issue fatale, ce sont les conditions dans lesquelles sont vécus ces décès par les proches, qui auront, pour beaucoup d’entre eux, énormément de mal à faire leur deuil.


La canicule de 2003 a entraîné une amélioration des conditions de vie dans les établissements pour personnes âgées, notamment avec l’installation de climatisations, l’amélioration des protocoles de soin, mais elle n’a pas eu beaucoup plus de conséquences notables.
Il est à espérer que l’épisode actuel entraînera des révisions plus importantes de nos façons de vivre, de consommer, de travailler.



mercredi 1 avril 2020

Jour 16 d’une autre vie. Où l’on parle de déconfinement.


Le Premier ministre Edouard PHILIPPE a abordé aujourd’hui la période de déconfinement, pour laquelle différentes formules sont à l’étude. Bien sûr, la date n’en est pas encore connue. Elle ne sera peut-être pas la même pour tout le monde, soit que cette sortie se fasse par région, soit qu’elle se fasse en fonction de l’âge...à voir.

Cela alors qu’on vient de passer le cap des 4 000 morts en France, dont 509, un record, au cours des dernières 24 heures. Signe d’espoir tout de même, les nouveaux cas dans le Grand Est sont en baisse, comme en Italie d’ailleurs. Est-ce à dire que le virus fait ses ravages pendant un certain temps, où les plus faibles décèdent et les autres guérissent ou s’immunisent ? Il faudrait peut-être qu’un maximum de personnes soit contaminé, avec des manifestations faibles, afin de produire des anticorps permettant d’échapper à une éventuelle seconde vague ?

Le ministre de l’Intérieur, Christophe CASTANER a cru bon de rappeler qu’il n’est pas question, en période de confinement, de partir en vacances, afin d’éviter de propager le virus ; une partie du pays sera, effectivement, en vacances à la fin de cette semaine.

Les Etats-Unis sont en pleine tourmente, et le virus se répand en Afrique et en Amérique latine. Il est à craindre que dans ces deux contrées, où les conditions sanitaires sont bien pires qu’en Europe, les morts se comptent par dizaines de milliers, même si, au fur et à mesure du temps, et grâce aux expériences des pays précédemment atteints, la lutte devient plus « facile » car on connaît mieux notre ennemi.

mardi 31 mars 2020

Jour 15 d’une autre vie. Un air de fin de vacances.



Deux semaines que nous sommes confinés. Il règne comme un air de fin de vacances. Au début, dispense de travail, toute la famille réunie, on se serait cru, d’une certaine façon, en congés, d’autant plus qu’on avait du mal à réaliser ce qui se passait vraiment.

Au bout de quinze jours, le confinement devient pesant.


C’est la fin de mois, des chutes de revenus se matérialisent avec une paie tronquée.
Et ce n’est pas si facile, le télétravail, quand en plus les enfants sont à la maison…
Et les enfants, justement, ils réclament l’école, car c’est souvent mieux qu’avec les parents, et les copains manquent…
Que dire des ados, confinés avec leurs parents, loin des potes, du copain, de la copine...Et ces cours par internet, c’est vraiment pas le top !
Et cette incertitude qui dure.
Et ces infos, tous les jours, qui nous montrent ces couloirs d’hôpitaux, ces personnels soignants fatigués, ces listes de malades et de morts qui s’allongent, cachant celle des guéris qui rentrent chez eux.
Et ces politiques qui continuent à se disputer,
Ces files d’attente devant les magasins autorisés, où l’on ne trouve pas forcément tout ce qu’on cherche,
Et tous les jours, faire à manger pour toute la famille, on ne sait plus quoi faire,

Et pourtant il faut garder courage, car unis et solidaires, on traversera cette épreuve.
Soyons vigilants à la sortie de ce cauchemar, ne laissons pas nos dirigeants reprendre la vie d’avant, cette période ne doit pas être réduite à un interlude dans notre monde d’hier. Elle doit être la fin de notre façon de vivre d’avant 2020, et le départ d’une autre façon de vivre. A nous de la définir, de la défendre, en pensant plus à l’humain qu’à l’économie, en pensant à nous, à nos enfants, à aux générations à venir.



lundi 30 mars 2020

Jour 14 d’une autre vie. Le triste humoriste et les gogos.


Bruno GACCIO, que j’ai connu plus (et surtout mieux) inspiré a lancé, visiblement avec l’aide d’avocats, un site internet dont le but est de faciliter le dépôt de plainte contre l’État français, sous prétexte qu’il n’a pas pris les bonnes mesures, qu’il les a prises trop tard ou de façon incohérente, etc.
Il donne des conseils à tout le monde : personnels soignants, malades, non malades pour que toutes ces personnes portent plainte.

Je suis scandalisé par cette initiative.

Premièrement, dans le feu de l’action, ce n’est pas encore le moment de porter plainte, d’autant plus que nous n’avons pas tous les tenants et aboutissants de cette épidémie entre nos mains.
Il y a un temps pour tout.
Nous sommes dans le temps de la lutte, et il faut que tous nous soyons unis dans le seul but de vaincre ce fléau, il y aura ensuite le temps du bilan, ou on pourra essayer d’attribuer des responsabilités.

Ensuite, je crains que ces initiatives (car ce n’est malheureusement pas la seule) donnent de faux espoirs à de nombreuses personnes qui voudraient obtenir des indemnisations, et qui finiront par ne rien obtenir après avoir, par contre payé moult frais d’avocats et de procédure.

Et surtout, Bruno GACCIO oublie un modèle de plainte : la plainte contre toutes les personnes qui n’ont pas respecté le confinement, qui ont pu contribuer à la propagation du virus et qui sont à l’origine de nombreuses contaminations et potentiellement de décès.



dimanche 29 mars 2020

Jour 13 d’une autre vie. C’est irréel, incroyable et affligeant…..



Comme certainement la majorité des personnes, quand j’ai entendu les premières mesures prises sur le plan économique, je me suis dit que ce n’était pas possible, que ces milliards ne seraient pas distribués comme cela… Qui allait au final payer toutes ces sommes ? Les prix augmenteront, les impôts aussi …

Et le virus a continué sa route, imperturbable.

Et le confinement s’est lui aussi répandu telle une traînée de poudre, à tel point que près de la moitié du globe est, ou a été confinée.

Certains pays adoptent des attitudes différentes, soit par ignorance ou manque de réalisme, soit parce qu’ils sont dirigés par des incompétents (pour être gentil). Mais ils n’échapperont pas au cataclysme qui, de par leur inaction, s’en trouvera plus mortel encore.


Ceux qui privilégient la survie de l’économie à la survie de leur population, tôt ou tard, devront rendre des comptes.
Comme il sera demandé des explications à ceux qui, par leur manque de solidarité, réduisent à presque rien l’esprit européen.
Plus nous serons solidaires dans les mesures contre le covid-19, dans l’aide aux populations touchées, dans le pic de la crise comme au moment ou elle s’éloignera, moins nous aurons à pleurer de morts et plus vite nous nous relèverons.


C’est de cette façon que dès maintenant nous devons entrer dans une ère nouvelle, celle de l’après, en abandonnant nombre de réflexes de notre vie d’avant, faute de quoi un autre covid, un jour prochain, nous trouvera tout aussi démunis que cette fois-ci.

samedi 28 mars 2020

Jour 12 d’une autre vie. Quand j’entends….


Quand j’entends la CGT appeler les fonctionnaires à la grève en avril, je crois rêver,

Quand j’entends ces gens qui portent plainte contre le Gouvernement ou l’un ou l’autre de ses ministres, je me demande s’ils n’ont pas de choses plus importantes à faire en ce moment,

Quand j’entends ceux qui disent que les autorités françaises auraient dû réagir plus tôt, auraient dû imposer le confinement plus tôt, je me rappelle du scepticisme et du manque de civisme du début de la semaine passée,

Quand j’entends ces politiques de tout bord fustiger le manque de masques et autres protections, je leur demande ce qu’ils ont fait quand ils étaient au pouvoir il y a peu,

Quand j’entends les dirigeants européens et que je ne les vois pas se mettre d’accord pour lutter collégialement contre ce fléau je suis triste,

Quand j’entends le président américain se battre pour l’économie de son pays et négliger le chevet de ses malades, je suis écoeuré,

Quand j’entends ces gens qui souffrent de ne pouvoir accorder d’obsèques dignes à leurs défunts, je souffre,

Et je me dis que je retiendrai le nom de ceux qui ont essayé de se défausser, de jouer leur propre partition au détriment de l’unité nationale qui devrait être, AUJOURD’HUI, la SEULE ATTITUDE RESPONSABLE.

Demain, quand sera venue l’heure de faire le bilan, de faire les comptes, de juger l’action des uns et des autres, je n’aurai aucune mansuétude à leur égard, persuadé que je suis, actuellement déjà, qu’ils auraient géré cette crise de façon catastrophique, et que nous serions bien plus à plaindre que nous ne le sommes déjà.