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mercredi 22 août 2018

Marchands de sommeil, profiteurs de la misère des autres.



Régulièrement, notamment à la suite d’incendies dramatiques, des reportages télévisés nous ouvrent les portes d’habitations scandaleusement insalubres, voire dangereuses, louées à des personnes vulnérables à prix d’or.
Le propriétaire des lieux, non content de voler ces occupants, met leur vie en danger car les règles élémentaires de sécurité ne sont pas respectées, les règles minimales d’hygiène sont bafouées et le logement souvent sur-occupé. Il encaisse par ailleurs des loyers exorbitants, généralement en espèces, qui échappent de ce fait à l’impôt.
Les occupants de ces lieux sont parfois des personnes qui sont en attente d’un logement décent mais, le plus souvent, des personnes vulnérables parce que vivant illégalement en France ou suite à un parcours de vie chaotique.
 
Il faut absolument mettre fin à ces situations.

Au niveau des préfectures devrait être créée une police de l’habitat qui, sur information des locataires, des acteurs sociaux ou des services de santé, se rendrait sur place pour évaluer l’état de l’habitat et vérifier la situation fiscale du propriétaire.
Dans le cas où simplement l’habitat est insalubre mais que leur location est faite régulièrement et de façon humaine, une obligation de mise aux normes dans les six mois devrait s’appliquer, faute de quoi l’immeuble devrait être déclaré impropre à l’habitat, et donc à la location.
Dans les cas de réels marchands de sommeil, qui « soumettent une personne, dont la vulnérabilité ou l’état de dépendance sont apparents ou connus de l’auteur, à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine », il faut pouvoir immédiatement confisquer le bien en question, qui serait ensuite mis à disposition de bailleurs sociaux soit aux fins de réhabilitation, soit aux fins de démolition pour dégager un terrain qui pourrait ensuite accueillir une construction nouvelle. Le bien pourrait également être vendu à un promoteur, le fruit de la vente venant dans ce cas alimenter un fonds départemental de lutte contre l’habitat indigne. Le fisc, afin de récupérer les indus, pourrait également faire condamner le propriétaire à une taxe équivalent à 20 % du montant des loyers qui seraient susceptibles d’avoir été perçus les dix dernières années, à charge pour le propriétaire de prouver que la situation est plus récente ou de moindre ampleur.
Car cet argent volé à des personnes vulnérables n’aura pas été soumis à l’impôt, aura servi à accroître encore le parc de locations indignes ou tout autre trafic de style immigration clandestine, travail illégal, etc…

Ces mesures sont sévères, certes, mais à la hauteur du crime commis par ces marchands de sommeil.

Un texte intéressant, bien que limité à l’Ile de France, est consultable à l’adresse suivante :





lundi 13 août 2018

Lectures d'été








Cet été, j'ai  été accablé par la chaleur, et j'ai décidé de partir voyager dans des livres. J'ai commencé par de froides nuits dans l'Est de la France, avec le roman "Profil perdu" de Hugues PAGAN.
Je ne connaissais pas l'écriture de Hugues PAGAN, et j'ai été ravi par ce roman, où chaque page lue nous donne envie de lire la suivante.
Une ambiance, des personnages, une histoire, une deuxième, une troisième, des relations, des liens, tout y est pour faire passer un excellent moment au lecteur.
Des héros qui n'en sont pas, une histoire d'amour, des traces du passé qui a irrémédiablement marqué les personnages principaux...
La vie d'il y a quarante ans, pour ceux qui ont vécu cette période, apparaît dans notre esprit à le lecture de cet ouvrage; on pousse la porte du commissariat en même temps que les personnages, on vit avec eux, on rit et souffre avec eux, tellement l'auteur nous les rend proches de nous, à pouvoir les toucher, à nous donner envie de participer à leur histoire...
A lire absolument!




 Tout simplement l'un de mes meilleurs souvenirs de lecture depuis un moment...
Des personnages qui ont une réalité, qui se retrouvent en Finlande, pays à l'histoire particulière, à la limite de la Russie, pays pas vraiment ami, pas vraiment ennemi, trop puissant voisin, à plonger dans les eaux froides et inhospitalières de la Baltique.
Un projet d'installation d'éoliennes off-shore est à l'origine de ces rencontres dans ce port de Kotka, mais l'Histoire et les histoires de chacun ne cessent d'intervenir, de chambouler le déroulement des événements.
L'écriture très fluide et agréable de Denis Lépée, met en place une intrigue très intelligente et entretient, voire renouvelle un suspens qui nous tient en haleine jusqu'à la fin du roman.
On plonge vraiment avec lui, dans son histoire, dans les eaux du golfe de Finlande, das les mystères qu'il a su inventer pour nous en ce pays que nous ne connaissons pas très bien, mais qu'il nous fait découvrir.
A lire absolument cet été!!!


C'est la première fois que je trouve qu'un titre de livre colle parfaitement à son contenu.
Un suspens à la limite du soutenable, des événements plausibles et réalistes survenant dns notre monde hyper-connecté. C'est vrai que tout ce qui se passe dans ce thriller, même si on n'y avait pas pensé, peut parfaitement se produire.
Quand progrès et facilité deviennent synonyme de vulnérabilité, nous confions à l'insu de notre plein gré nos vies à de potentiels fous dangereux ou illuminés désaxés.
Tension extrême est un livre à lire absolument, et sans tarder. Il n'y a aucune excuse, il n'est pas trop épais et, une fois qu'on l'a commencé, il ne faut pas une éternité pour l'achever, tant on est tenaillé par le désir de savoir ce qui va se passer, comment tout cela va se terminer.






mardi 12 décembre 2017

Morts sur la route : le remède le plus simple n’est pas forcément le meilleur.



En novembre 2017, 258 personnes sont décédées en France à la suite d’un accident de la circulation. Ce chiffre varie de mois en mois, des facteurs multiples étant en cause, et globalement le nombre de tués sur nos routes est un peu inférieur à 3 500 par an. C’est beaucoup. C’est beaucoup trop.
Périodiquement, de nouvelles mesures sont mises en place pour enrayer ce phénomène mais, depuis plusieurs années, les effets en sont mitigés et souvent peu durables.
La dernière idée en vogue est de réduire la vitesse maximale autorisée sur les routes ne disposant pas d’un terre-plein central ou d’une séparation en la baissant de 90 km/h à 80 km/h.
C’est une solution facile mais inefficace.

On estime que dans environ 26 % des accidents mortels, la vitesse est en cause.
Par ailleurs, environ un millier de personnes perdent la vie en agglomération, où la vitesse est déjà réduite.
Enfin, élément principal à prendre en compte : ceux qui ne respectent pas la limitation actuelle à 90 km/h ne respecteront pas davantage celle à 80 km/h. Il est même certain qu’il y aura davantage de contrevenants.
Si l’objectif était d’encaisser plus d’amendes, la baisse de la vitesse autorisée serait indéniablement une bonne mesure.
Pour ce qui est d’épargner des vies, elle sera totalement contre-productive. Il vaut mieux laisser la vitesse maximale à 90 km/h, en général, et, sur des portions dangereuses, imposer une limitation à 70, voire 60 km/h, car dans ce cas le panneau ferait lever le pied, contrairement à une limitation générale.

Il faudrait savoir combien de personnes décèdent dans des accidents dont la cause principale est la vitesse, lorsqu’elle est comprise entre 80 et 90 km/h pour avoir une idée du nombre de personnes qui pourraient être potentiellement sauvées par cette baisse de 90 à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée. Il doit être très faible.
Parallèlement, il conviendrait d’évaluer le coût de cette mesure, car il faudrait changer des milliers de panneaux de signalisation. Et si on utilisait cet argent pour améliorer la sécurité dans des endroits particulièrement accidentogènes,  je pense que le nombre de vies sauvées serait supérieur.

Une sévérité accrue dans ces endroits dangereux, des investissements mieux ciblés au niveau des réfections des infrastructures seraient à coup sûr plus bénéfiques qu’une mesure aussi facile qu’inefficace de baisse de la vitesse autorisée.



mercredi 6 décembre 2017

Décès de personnalités : le difficile métier des journalistes.





Ce titre a priori peut paraître incongru, lorsque meurent des personnalités d’un âge dit avancé (Jean d’Ormesson hier) ou dont on sait la fin proche (Johnny Halliday aujourd’hui), tellement les médias ont de moyens à leur disposition, les nécrologies, dans ces cas de figure étant sur l’ouvrage depuis un moment déjà.

Là où le métier des journalistes devient difficile, c’est eu égard aux impératifs de l’information immédiate et en continu, souvent en direct. Et on est obligé de constater que les questions posées par certains d’entre eux aux divers intervenants : famille, amis, personnalités, anonymes, sont parfois ridicules, frisent l’indécence ou la bêtise ou au minimum, sont banales et sans intérêt.
Et, quelle que soit la radio qu’on écoute ou la chaîne qu’on regarde, ce sont toujours et toujours les mêmes rengaines.

Autant la disparation de Jean d’Ormesson a été relativement bien traitée, bien qu’avec souvent moins d’égard que celle de Johnny (sur BFMTV par exemple, je n’ai pas vu de coupures de pubs ce matin entre 6 h 30 et 7 heures, alors qu’hier elles ont été maintenues), autant le décès de Johnny affole un peu tout le monde.
 
J’aurais préféré entendre moins de paroles insignifiantes et entendre davantage de chansons de cet artiste incontestable, car il y en a de très belles, magnifiquement interprétées. Et dans ces moments on a davantage envie de s’arrêter un instant pour écouter une de ses chansons plutôt que des parlotes convenues.
J’aurais aimé qu’au détour d’une phrase un journaliste ait une pensée pour tous les anonymes qui continuent à lutter contre la maladie et perdent ce dernier combat, à l’instar de Johnny.
J’aurais aimé qu’on mette en parallèle l’importance des deux personnalités pour la langue française, mais le décès du chanteur efface d’un coup le décès de l’écrivain…cruauté de l’actualité et de l’immédiateté.

Et pendant ce temps un Américain, qui siège à la Maison Blanche, s’apprête à raviver les braises au Proche-Orient