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jeudi 6 juin 2013

Les DLC, ou quand les fabricants nous poussent à gaspiller.

Suite aux manifestations qui se sont produites outre-mer contre la cherté des produits, des aménagements ont été apportés, et il y a deux jours a été promulguée une loi sur l’alimentation outre-mer.


Curieusement, une disposition de ce texte concerne aussi la métropole, puisqu’elle prévoit d’aligner les DLC ou dates limites de consommation des produits vendus en outre-mer sur celles des produits vendus en métropole.

Or, sur plusieurs centaines de produits frais, ces dates sont bien plus reculées au-delà des océans. Ainsi, certains yaourts sont consommables là-bas 50 jours, alors qu’ici ils sont périmés au bout de 30 jours seulement ; pour des fromages, l’écart est de plus de 30 jours, voire plus de 100 pour des fromages râpés.

Pourtant, mis à part Saint Pierre et Miquelon et les TAAF, nos territoires ultramarins connaissent généralement des températures bien supérieures à celles de nos contrées métropolitaines, ce qui ne me semble pas a priori favorable à une meilleure conservation des produits frais.

Ou alors, comme ce sont les fabricants de ces produits qui fixent la DLC sur leurs produits, ceux-ci nous font-il croire qu’un produit n’est plus bon au-delà d’une certaine date et, ainsi, nous poussent à le jeter, alors qu’il reste tout-à-fait comestible ?

Aligner les dates de l’outre-mer sur celle de métropole peut vouloir dire raccourcir les délais là-bas, pour qu’ils soient les mêmes qu’ici, mais cela n’est pas concevable.

En effet, la durée de conservation plus longue là-bas n’ayant pas d’effet négatif sur les produits, dans le climat actuel de crise du pouvoir d’achat et de chasse au gaspillage, il semble évident qu’il faille reculer les DLC sur les produits frais vendus dans nos magasins de métropole.

Ainsi ceux qui, comme je le fais déjà, consomment encore des yaourts avec une DLC dépassée de quelques jours auront remporté une petite victoire sur les tenants du consumérisme effréné.