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mardi 13 août 2013

La France souffre-t-elle d’islamophobie ?

Un jeune militaire a été arrêté, soupçonné d’avoir voulu tirer sur une mosquée de Vénissieux, ou sur les personnes qui se seraient trouvées devant le bâtiment. Par ailleurs, divers organismes auraient constaté une augmentation de 35 à 40 % des actes contre des musulmans ou des symboles de l’islam au 1er semestre 2013 par rapport à la même période de l’an passé.
Le constat semble donc sans appel : l’islamophobie serait en augmentation.
En fait, si l’on observe les manifestations identiques à l’encontre des juifs, des Roumains, voire même des homosexuels, on aboutit à des conclusions similaires.

Ce qui se passe, dans notre pays confronté autant à une crise économique qu’à une crise des valeurs, on peut voir que les comportements des uns et des autres sont exacerbés.

Ces manifestations sont dues à l’intolérance : on ne cherche pas à comprendre celui qu’on ne connait pas mais qu’on voit différent de nous. Et qui, de son côté, à l’inverse du Français moyen qui reste dans une certaine discrétion, accroît les manifestations ostentatoires : port du voile ou de la kippa, manifestations bruyantes lors de la rupture du jeûne ou lors de cérémonies de mariages où sont brandis des drapeaux de pays étrangers dans des cortèges qui, parfois, vont jusqu’à semer la pagaille sur des boulevards périphériques et mettre en danger la vie des autres usagers de ces artères.

Parallèlement circulent sur la toile, et sont transférés d’une messagerie à l’autre des informations souvent fantaisistes, toujours invérifiables, sur des abus de notre système social, commis par des personnes que l’on assimile à des parasites…

Le climat qui régnait dans l’Allemagne des années trente transparaît largement dans toutes ces manifestations. Les extrémistes de tout poil se croient investis d’une tâche libératrice et vont jusqu’à imaginer, voire mettre en pratique des actes qu’on aurait crus relégués dans les oubliettes de l’Histoire.

Il est de la responsabilité des dirigeants, que ce soit de l’Etat ou des diverses religions ou communautés, de rétablir de toute urgence le dialogue. Il appartient à chacun de ne pas regarder l’autre de travers, mais de discuter avec lui, de partager avec lui.

La situation économique est difficile, mais elle l’est autant pour le chômeur creusois catholique que pour le beur de Vénissieux ou le juif de la rue des Rosiers.

Admettre les différences, oui. Les exacerber, non.


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