ANNONCE

jeudi 8 septembre 2011

Pourquoi sanctionner tous les patients que nous sommes ?

On nous annonce que le trou de la Sécurité Sociale devrait dépasser 30 milliards d’€uros l’an prochain, ce qui est abyssal, certainement, et on voit bien qu’au fil des ans la situation ne s’améliore pas.


Fallait-il pour autant doubler la taxe spéciale sur les conventions d’assurance que paient les mutuelles, qui était de 3,5 % depuis le 1er janvier 2011, et qui va passer à 7,0% ?
Non bien évidemment, car cette mesure va encore être supportée par tous les foyers, sauf les plus pauvres des pauvres qui ont droit à la CMU gratuite.
Ce doublement devrait rapporter 1,1 milliard d’€uros à l’Etat en 2012, mais il va aussi aboutir à une augmentation des cotisations payées par les adhérents.

De nombreuses personnes hésiteront à conserver leur mutuelle, ou prendront une couverture moins chère, donc automatiquement, une part plus importante des frais de santé restera à leur charge.
Ceux qui ont la chance de bénéficier d’une mutuelle d’entreprise, qui leur coûte moins cher qu’une adhésion directe, subissent eux aussi, dans des entreprises de plus en plus nombreuses, une baisse des remboursements due à la renégociation des conventions passées avec les mutuelles.

Pourtant, tout le monde connaît des cas d’abus de soins ou d’arrêts-maladie.
Pourquoi les efforts ne sont-ils pas portés sur l’éducation à la responsabilité des patients comme des professionnels de santé, et aussi sur la répression des fraudes ?
Lorsqu’un médecin prescrit au arrêt-maladie, il doit le faire de façon responsable, parce que la pathologie de son patient l’exige, non parce que ce dernier le lui demande.

Comment combiner respect du secret médical, déontologie et contrôle ?
On ne peut que difficilement comparer les prescriptions d’un médecin à un autre, la clientèle de chacun étant particulière tant du point de vue socio-culturel que professionnel ou physique, mais ne serait-il pas possible d’établir une compilation des prescriptions de chaque médecin, qui serait analysée par l’Assurance maladie en fonction de la typologie des patients, afin de relever des dérives manifestes ?

Au niveau de chaque patient également, les moyens informatiques actuels ainsi que la carte vitale devraient permettre d’éviter certains abus, des consultations multiples, notamment, voire des prêts de carte vitale.
En pharmacie, des conditionnements plus conformes à la moyenne des prescriptions permettraient d’économiser et des médicaments et de l’argent. De la même façon, si un système incitatif existait, les médicaments non utilisés seraient rendus plus facilement dans les pharmacies.
Voici quelques pistes qui pourraient permettre d’économiser des sommes certainement conséquentes, qui seraient plus intelligentes qu’une multiplication par deux, bête, méchante et injuste d’une taxe qui frappe autant ceux qui ont un usage raisonné de notre système de santé que ceux qui en abusent.