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jeudi 5 mai 2011

Le traumatisme des familles des victimes du vol AF 447.

Le 1er juin 2009 le vol AF 447 reliant Rio de Janeiro à Paris s’est abîmé en mer, plongeant de nombreuses familles dans une détresse et un deuil impossibles.
Une cinquantaine de corps ont été repêchés.
Certaines familles ont récupéré les dépouilles mortelles de leurs défunts, d’autres non ; des discussions et polémiques quant aux causes de la catastrophe ont, comme toujours, eu lieu, et les parents des défunts, vaille que vaille, ont continué à vivre avec des hauts et des bas, au gré des annonces qui ravivaient ou au contraire étouffaient des lueurs d’espoir.

Aujourd’hui, près de deux ans après, un corps a été remonté à la surface dans le cadre des opérations de repêchage qui ont été entamées il y a quelques jours.
Autant ces opérations sont salutaires pour ce qui est des boîtes noires car il faut, à tout prix, pour la paix des familles mais aussi pour la sûreté aérienne future, connaître les causes de cet accident, autant la remontée des corps pose de multiples et très importantes questions.

Tout d’abord, dans quel état sont ces corps, et le fait de les faire passer d’une eau froide à près de 4 000 mètres de profondeur à une eau plus chaude en surface, puis à l’air libre, ne va-t-il pas les dégrader plus encore ? Si tel est le cas, il faut impérativement arrêter ces opérations et laisser reposer en paix ces défunts au fond de l’océan plutôt que de ramener des corps dans un état indicible.
En second lieu, si ces corps sont remontés et identifiés, qu’en faire si les familles ne souhaitent pas les récupérer, ce qui se produira immanquablement, car certaines, même sans leur défunt, ont fait leur deuil et se sont faites à l’idée que leur parent reposait au fond de la mer. Leur dire maintenant que le corps est repêché, et le leur confier sans leur désir serait causer un nouveau et inutile choc psychologique.
Il ne faut pas oublier, non plus, les conséquences de ces opérations sur le psychisme des personnes qui sont actuellement sur place à faire ce travail extrêmement pénible. Le repêchage des boites noires a été pour elles un succès, celui des corps immergés depuis deux ans risque d’être un cauchemar qui hantera leurs nuits pendant longtemps.

Pour avoir été au Mont Saint Odile suite au crash du vol 148 d’Air Inter en janvier 1992, qui avait fait 87 victimes, je sais le travail qu’ont accompli notamment les militaires qui ont identifié les restes mortels et je connais le désarroi des familles à qui l’on a remis des corps plusieurs semaines après la catastrophe, les travaux d’identification effectués à l’Institut Médico Légal de Strasbourg ayant pris ce temps, vu les moyens techniques disponibles à l’époque.