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lundi 20 août 2012

La mise au rancart n’a que 35 ans.

Lu dans « Toi, mon senior » de Christiane COLLANGE, Fayard, 1997.


« La manie de secouer le cocotier économique ne date que d’une vingtaine d’années. Entre 1975 et 1995, le taux d’activité des hommes de plus de 60 ans est tombé de deux actifs sur trois à un sur cinq. Au moment précis où la longévité ne cessait d’augmenter ! Dans un rapport sur « Le travail dans vingt ans », Jean BOISSONNAT a démontré la folie du système actuel qui risque de faire peser sur les adultes âgés de 25 à 55 ans toute la charge financière du reste de la société française : enfants, jeunes sans emploi et « vieux » à la retraite. Situation intolérable à l’horizon de 2015, quand tous les baby-boomers seront devenus des « papy-boomers » et que les jeunes actifs des classes creuses nées dans les années quatre-vingt devront faire vivre tout ce monde-là !

Comment faire pour enrayer ce gâchis ? Arrêter ce massacre des compétences et des énergies ? Soulager les actifs du poids bientôt insupportable de tous ces inactifs contraints ou même consentants ? Les beaux esprits envisagent de réorganiser le temps de travail, de privilégier les périodes de formation, les années sabbatiques, les congés d’éducation, les fins de carrière à temps partiel, pour s’acheminer progressivement, et surtout plus tardivement vers la retraite. Les idées ne manquent pas, mais pour l’instant, rien ne bouge. Les quinqua d’aujourd’hui menacés de perdre leur emploi ont matière à s’inquiéter ; d’autant plus qu’à l’heure de leur retraite, ils risquent de ne pas bénéficier des mêmes avantages financiers que leurs aînés. »
Ces lignes, écrites ils y a 15 ans maintenant, sont d’une étonnante fraîcheur et d’une cruelle réalité.