ANNONCE

mercredi 8 février 2017

Réponse à Monsieur François FILLON.



Monsieur,

Dans le quotidien Ouest France vous avez publié à l’intention des citoyens français, électeurs à la prochaine élection présidentielle, une lettre à laquelle je souhaite vous répondre.
Vous avez fait l’objet d’attaques ces derniers jours, mettant en cause votre probité et votre honnêteté, dites-vous. Et vous vous défendez vigoureusement, mettant en avant votre respect des lois.
Je tiens à vous dire que je suis d’accord avec vous dans la mesure où, si votre épouse et vos enfants ont réellement fourni un travail réel à vos côtés, correspondant à ce pour quoi ils ont été rémunérés, vous n’avez pas enfreint la loi.
Par contre, il vous échappe malheureusement que le montant des émoluments que vous leur avez consenti sont bien au-delà de ce qui se pratique habituellement pour ce genre de travail, effectué à plein temps. Et j’ai un peu de difficulté à comprendre comment votre épouse, pendant plusieurs mois, a réussi à assurer deux fonctions différentes, pour deux employeurs distincts, à temps plein chacune, en étant épouse d’un homme politique souvent absent et, de surcroît, mère de cinq enfants pas tous encore indépendants.

Pour quelles raisons, par ailleurs, son salaire a-t-il fait un bond spectaculaire lorsque vous avez cessé de l’employer, et que c’est votre suppléant qui l‘a prise à son service ?
Vous accusez les médias de s’acharner sur vous, mais les médias font leur travail et, en tant que personnage public, qui parfois s’accommode bien de se servir d’eux, vous devez accepter qu’ils soient autour de vous et s’intéressent à vous, d’autant plus que vous aspirez à diriger notre pays.
Vous contestez par ailleurs la compétence du Parquet National Financier, c’est là une bien piètre défense. Vous me faites penser au gamin qui, ayant fait une bêtise, se fait réprimander par un adulte et lui réponds : « Tu n’as rien à me dire, tu n’es pas mon père ! ». Ceci n’enlève rien à sa bêtise ni à sa culpabilité.

Monsieur Fillon, vous n’avez peut-être pas enfreint la loi.
Par contre, vous avez commis des fautes morales et politiques et, à examiner vos réactions et votre défense, je vois que vous ne vivez pas du tout dans notre monde, que vous êtes totalement déconnecté de la vraie vie des gens qui sont le peuple de France, que vous n’avez aucune mesure de la situation difficile, voire dramatique, dans laquelle certains se débattent chaque jour pour essayer de s’en sortir.

Pour toutes ces raisons, Monsieur Fillon, je suis au regret de vous informer que je ne pourrai vous apporter mon suffrage si d’aventure vous étiez encore candidat à l’élection présidentielle de mai prochain.
Je vous prie de m’en excuser.