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mercredi 25 mai 2011

Les incendiaires de la majorité.



Après les controverses nées autour du débat sur la laïcité organisé par l’UMP, son brillant secrétaire général Jean François COPE décide de mettre sur pied, pour le mois de juin prochain, une convention sur l’immigration. On aurait pu le croire plus intelligent, ou alors souhaite-t-il, lui aussi, avoir à titre gracieux la carte de membre bienfaiteur du Front National ?
Les conclusions de cette convention sont de toutes façons déjà connues dans les grandes lignes, dévoilées par le ministre de l’Intérieur Claude GUEANT, qui veut réduire l’immigration légale, la faisant passer de 200 000 à 180 000 personnes.

Actuellement, environ 20 000 étrangers seraient embauchés en France, dans des professions où cette embauche est autorisée du fait de tensions sur le marché du travail, autrement dit parce qu’on a du mal à trouver des Français (ou ressortissants de l’Union européenne) pour occuper ces postes.
La solution trouvée par la place Beauvau : on va réduire le nombre de ces embauches en réduisant la liste des « métiers autorisés » .
Quel technocrate va se pencher sur cette liste depuis son obscur bureau ?

Dans notre pays, quoi qu’en disent certains bien-pensants, lorsque à compétence égale un employeur en phase de recrutement a le choix entre l’embauche d’un Français ou l’embauche d’un étranger, il choisira le Français dans plus de 90 % des cas. Il est avéré que les étrangers travaillant légalement en France n’occupent pas leur poste de façon illégitime ni au détriment d’un Français.

Si notre gouvernement faisait preuve d’intelligence (« I have a dream » pour paraphraser Martin Luther King) et effectuait un travail sérieux sur les professions où, à son goût, oeuvrent trop d’étrangers, il débloquerait des numerus clausus ou des crédits ou améliorerait les conditions de travail (internes en médecine, professions de santé), il développerait des mesures incitatives pour que les fondations, les entreprises ou les particuliers participent plus et mieux au financement (recherche), il mettrait en place ou développerait des cursus de formation (informatique), il casserait le dogme du bac pour tout le monde au profit de la valorisation de l’apprentissage (bâtiment, travaux publics), etc…

Il est facile de dire que chez les immigrés la délinquance est plus importante, le chômage plus élevé, les échecs scolaires plus nombreux…la constatation est pertinente, mais la cause est en grande partie inexacte.
Sans même parler de l’immigration à venir, prenons en compte déjà les étrangers se trouvant sur notre territoire. Donnons leur les moyens d’apprendre correctement notre langue, rendons leur la dignité de vivre dans des logements dignes de ce nom, faisons de telle sorte qu’ils se plaisent à aimer notre pays non pas parce qu’ils n’avaient plus d’espoir dans le leur mais parce que le nôtre leur aura donné les moyens de progresser et de contribuer à son avenir.

Il est des quartiers dans nos banlieues, et même dans nos campagnes, où vivent des « Français de souche » dans des conditions analogues à celles de beaucoup d’immigrés : espace réduit, pauvreté, misère, insalubrité, précarité, désespérance. Chez leurs enfants aussi, Monsieur Guéant, la délinquance augmente, le chômage frappe, l’instruction recule au profit de l’échec scolaire. Où comptez-vous les envoyer ?

Débattez sur la laïcité, sur l’immigration, et les accusations gratuites et immanquablement les rumeurs, les fausses vérités exacerberont les tensions, créeront des phénomènes de violence et accroîtront le sentiment d’insécurité de vos électeurs. Vous pourrez ainsi sortir votre arsenal sécuritaire pour essayer de les convaincre de voter à nouveau pour vous, comme vous l’avez fait il y a quatre ans.

Mais ils ne vous font plus confiance. Ils sont persuadés que la volonté de Marine LE PEN est plus forte que la vôtre et que ses solutions seront peut-être plus efficaces que les vôtres. Car pires elles ne pourront être.

Alors, Messieurs GUEANT et COPE, cessez d’attiser les flammèches qui, tels des feux follets, disparaîtront d’elles-mêmes si elles ne sont pas ravivées.