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jeudi 18 mars 2010

Hold-up électoraliste

L’UMP et le Président SARKOZY ont essuyé un sérieux revers à l’occasion du premier tour des élections régionales, et ils se permettent tous les coups pour atténuer cet échec cuisant à l’occasion du second tour.

Se servir, pour ce faire, de la problématique sécuritaire qui, soit dit en passant n’est pas de la responsabilité des régions, mais de l’Etat et, dans une moindre mesure des communes, est une façon d’induire les électeurs en erreur.
Se servir de la mort du policier tué par un membre présumé de l’ETA, en utilisant des termes et expressions qui peuvent être mal interprétés par les citoyens-électeurs, voilà qui relève de la propagande mensongère !
« Ceux qui ont assassiné Jean Serge NERIN seront retrouvés et châtiés avec la plus grande sévérité » a déclaré Nicolas SARKOZY. Il ferait mieux de dire qu’ils « seront pourchassés avec la plus grande persévérance », et ce sera déjà pas mal, étant un minimum de la part des services de l’Etat.

Quant au châtiment, il ne dépend pas du Président de la République, ni même du ministre de l’Intérieur, mais du juge et, en cas de procès d’assises, du jury, même si, par l’intermédiaire du Garde des Sceaux, le gouvernement peut donner des instructions au Ministère Public qui, ensuite, sera ou ne sera pas suivi.
Laisser croire ainsi à une famille ou des collègues dans la douleur que par sa seule action le Président punira un coupable qu’il faut au préalable arrêter puis juger relève de la mauvaise foi….
Il est vrai que ces promesses ne l’engagent guère, vu le délai nécessaire à la bonne exécution de la justice.

Sur un plan plus général, le Président souhaite qu’on soit plus sévère pour les meurtriers de membres des forces de l’ordre. En soi, c’est un peu illogique, car le droit, fondamentalement, doit surtout protéger les plus faibles. Or, les forces de l’ordre sont en principe mieux formées et armées que les citoyens ordinaires, et leur métier, par essence, comporte une part de risque. Alors pourquoi ce souhait ? D’ailleurs, il y a quelques semaines, lorsque deux personnes âgées avaient été assassinées dans l’Oise, le ministre de l’Intérieur avait déjà préconisé cette sévérité dans ce cas de figure. Pensons également aux enfants, aux handicapés, aux femmes, etc…
Plutôt que d’énoncer des menaces sans suite, Président et ministres compétents devraient tout simplement donner des instructions au Parquet pour que les lois existantes soient appliquées avec rigueur. Ils pourront, par ailleurs, présenter au Parlement des projets de loi clairs et simples, afin que la législation en vigueur soit appliquée plus souvent qu’elle ne l’est actuellement.
Là est leur responsabilité politique et leur honnêteté d’homme et de femme politiques.